LUXURY AND CREATION TALENT AWARDS
“To put creation at the centre of luxury, for it is the engine of its permanent renewal, that is the belief of the Centre, which attributes every year the Luxury and Creation Talent Awards”.
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Applications for 2019 can be submitted between June 4th, 2018 and October 31st, 2018.
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The Luxury and Creation Centre distinguishes, accompanies, and rewards the best creators, who are the lifeblood of the luxury workshops and companies.
The Luxury and Creation Talent Awards are the highest form of recognition for creators and managers, who are distinguished by their excellent know-how and the exceptional nature of their work.
The Talent Awards are open to all the sectors of the luxury industry: fashion and accessories, cosmetics and fragrances, jewellery, watch-making, design, architecture, gastronomy, hotels, automobiles, and still many others…
Twelve prestigious Awards are attributed every year:
- Nine embody the values of luxury: audacity, well-being, elegance, harmony, innovation, inventiveness, originality, rarity and seductiveness.
- To which are added the Management Talent Award, the Hallmark of the year, awarded to a work that is in step with its time, and the Golden Talent Award. A Special Prize of the Jury may be awarded to distinguish an exceptional career.
The Luxury and Creation Talent Awards are an exceptional platform for communication and development. They bestow upon the Winners international reputation and recognition of the highest level. The Awards are presented during an annual gala dinner, a key event for the luxury industry.
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CANDIDATER
Applications for 2019 can be submitted between June 4th, 2018 and October 31st, 2018.
Any person, distinguishing themselves in one of the luxury trades (fashion and fashion accessories, design, architecture, gastronomy, hotels, landscaping art, automobiles, perfume, cosmetics, craftsmanship, management) and who is recognised for accomplished expertise can be a candidate to the Luxury and Creation Talent Awards.
Participation is free of charge.
The application process now takes place on the Internet by means of an application form.
If you are a nominee, you will have to submit a photo book in paper format with samples and/or products to the Luxury and Creation Centre.
FORMER AWARD WINNERS
2018 award winners

Sabina Belli, CEO, Groupe Pomellato - Prix du Marketing du Luxe
UNE HISTOIRE DE JOAILLERIE
Pomellato à la conquête du monde.
Née en 1967, Pomellato est l’une des plus jeunes et atypiques maisons de joaillerie. Sabina Belli en a pris la tête en 2015 à la suite du rachat de la marque par Kering. Cette brillante directrice générale a acquis une solide expérience en matière de développement de produits haut de gamme chez L’Oréal et LVMH notamment. Son but pour cette marque ? Assurer une croissance soutenue et profitable et positionner l’atelier de joaillerie milanais en groupe d’envergure internationale. Ses atouts pour y parvenir ? Une marque « aussi facile à reconnaître que difficile à copier », comme elle la décrit, assorti d’un positionnement accessible, porté par le savoir-faire des artisans joailliers italiens. Citons par exemple la collection « Nudo », reconnaissable à son cabochon facetté, déclinée dans de multiples variations ludiques. Sabina Belli prend le parti de renforcer et de remettre au goût du jour cette identité. En 2017, le cinquantenaire de Pomellato est célébré avec la collection « Ritratto », qui exprime la quintessence de la griffe : généreuse dans les volumes, insolente dans les formes, et l’emploi inédit de matériaux, tels que la rhodochrosite, l’agate moussue ou la chrysocolle. La nouvelle boutique sur la Via Montenapoleone à Milan a été le début d’une profonde rénovation au niveau du réseau de distribution qui compte plus de 60 boutiques. Aucun doute : avec Sabina Belli, un glorieux chapitre s’ouvre pour Pomellato.

Laurent Boillot, CEO, Guerlain - Talent d'Or 2018
POUR UNE BEAUTÉ ENGAGÉE
Un pilotage virtuose de la mythique Maison de parfum.
La destinée de la maison Guerlain, c’est Laurent Boillot et ses équipes qui l’écrivent depuis 2007, année où celui-ci a été nommé président de la marque. Sous sa gouvernance, Guerlain connaît de nouveaux succès — Mon Guerlain, » la petite robe noire « , » l’homme idéal « , les soins Abeille Royale notamment — et se modernise en ouvrant » La Ruche » un nouveau site de production de cosmétiques certifiée Haute Qualité Environnementale à Chartres qui accueille 350 personnes. La Maison fabrique en France depuis ses origines et Laurent Boillot entend bien la faire grandir dans le respect de ses racines et en limitant son impact environnemental. Sa philosophie ? Défendre la beauté. Convaincu que » la beauté ne se conçoit pas sans celle de la planète « , il relie les traditions de Guerlain à un fort souci de développement durable inscrit dans une charte qui guide la marque dans ses actions depuis 11 ans. On peut mentionner le fort engagement pour la préservation de l’abeille, symbole historique de la maison, et élément essentiel dans la reproduction des fleurs et sentinelle de la biodiversité. L’engagement et les convictions de Laurent Boillot l’ont conduit à créer une nouvelle maison de cosmétiques, Cha Ling, avec l’appui du groupe LVMH. C’est la rencontre déterminante avec Joseph Margraf, biologiste et sa femme Minguo Li au Yunnan, poumon vert de la Chine, qui lui fait prendre conscience de la nécessité de protéger l’écosystème exceptionnel abritant le thé Pu’Er. Depuis 2014, son rêve écologique est devenu réalité. L’engagement est aussi celui d’une maison entière qui à l’exemple de son chef d’orchestre participe à de nombreuses actions : ils sont par exemple 200 à courir l’Odysséa aux couleurs de Belle&Bien, une association que Guerlain soutient depuis 14 ans et qui accompagne les femmes en traitement contre le cancer en leur proposant des ateliers de beauté dans les hôpitaux pour retrouver l’estime de soi. Ce sont aussi 150 collaborateurs qui assurent une pause beauté à l’occasion de la fête des mères dans les centres des Restos du coeur. Ce sont encore 1000 collaborateurs qui s’engagent à planter des fleurs mellifères et à sensibiliser autour d’eux pour préserver les abeilles… Nul doute qu’avec Laurent Boillot, l’histoire de Guerlain qui fête ses 190 ans en 2018 a encore de beaux jours devant elle et va continuer de sublimer et parfumer les femmes et les hommes durablement… Au nom de la beauté !

Aurélie Picaud, directrice horlogerie, Fabergé - Empreinte de l'année 2018
SURPRISES HORLOGÈRES
La renaissance de Fabergé, mise en œuvre par une surdouée de l’horlogerie.
Aurélie Picaud n’est pas femme à reculer devant les défis ! Elle a travaillé aux quatre coins de l’Europe pour Swatch, Omega ou encore Audemars Piguet et dirige depuis 2013 le destin horloger de la Maison Fabergé plus connue pour ses fameux OEufs de Pâques. A peine un an et demi plus tard, à Baselworld 2015, une rumeur s’est répandue dans le salon : allez voir chez Fabergé, il s’y passe des choses incroyables ! Il faut dire que Fabergé est une page vierge en termes d’horlogerie, mais un fabuleux réservoir d’imagination en termes de mécanismes à surprise. Se plongeant dans l’histoire de Fabergé, Aurélie Picaud imagine, en s’inspirant de l’oeuf de paon, la « lady compliquée peacock ». La queue dorée et incrustée de diamant du paon s’ouvre progressivement pour indiquer les minutes sur une échelle de nacre qui progresse lentement autour du cadran, tandis qu’un autre anneau en nacre indique les heures avec un mouvement rétrograde sur la couronne. Dans le même temps, elle conçoit le « Visionnaire », une montre masculine, qui cache en son coeur, comme les oeufs de Fabergé, une nouvelle surprise. Sept trapèzes courbés dissimulent et révèlent un mouvement tourbillon volant de Giulio Papi. Des montres un peu folles donc et pleines de surprises qui combinent techniques, matériaux et couleurs : gravure, guilloché, sertissage, or, platine, titane, tourmaline, émail, ou nacre sculptée. Aurélie Picaud a su transposer dans une haute horlogerie contemporaine, le brio, l’inventivité et l’éclectisme de Pierre-Karl Fabergé. Les spécialistes ne s’y sont pas trompés et elle remporte le Grand Prix d’Horlogerie de Genève en 2015. Avec Aurélie Picaud, Fabergé crée la surprise.

Christine Phung, directrice artistique, Léonard - Talent de l’Élégance 2018
ARCHITECTE DE LA MODE
Des créations aux lignes fluides et structurées.
Comment réunir la passion de l’architecture du corps avec celle des motifs colorés ? Christine Phung le fait avec brio. Elle incarne la relève de la jeune garde des créateurs parisiens et, depuis 2016, réinvente la Maison Léonard. Après avoir fait ses armes pendant dix ans en tant que designer-mode pour Dior, Vanessa Bruno ou encore Chloé, cette ancienne étudiante de l’école Duperré remporte le Grand prix de la Création de la ville de Paris en 2011. Forte de cette réussite, elle lance sa propre marque ; un pari payant puisqu’elle gagne le prix Premières Collections de l’ANDAM en 2013. Sa spécialité ? Elle excelle dans la maîtrise des volumes, des plissés et des jeux de lignes. « J’aime l’idée de réinterpréter les techniques traditionnelles à travers des formes graphiques très modernes, ou bien des formes et un traitement des couleurs inattendu », confie-t-elle. La famille Tribouillard, à la tête de Léonard, a su identifier sa forte culture des tissus imprimés et sa virtuosité à créer des pièces délicates et architecturées. Pour les nouvelles collections de la Maison, Christine Phung s’est plongée dans les extraordinaires archives de motifs de Léonard qu’elle réinterprète par des choix subtils de couleurs, des changements d’échelle et des jeux de superpositions inédits. Pour sa première collection, elle introduit le sportwear : vestes de baseball brodées, parka en organza avec, comme fil conducteur, des imprimés tropicaux. Elle délivre ainsi un style dont la fausse nonchalance se pare de détails couture. Un vent de douceur et de fraîcheur souffle sur la Maison Léonard…

Claire Heitzler, chef de création sucrée, Ladurée - Prix Lalique 2018
RÉVOLUTION GOURMANDE
Une pâtisserie aérienne et délicate qui bouscule les codes.
La saveur des parfums avant le sucre, voilà le credo de cette pâtissière d’exception. Claire Heitzler a fait ses classes chez les plus grands : la maison Troisgros, le restaurant Beige d’Alain Ducasse à Tokyo, le mythique hôtel Ritz Paris aux côtés de Michel Roth, le restaurant Lasserre… Elle impose une philosophie qui ne se concentre pas sur la technicité mais sur l’équilibre des saveurs, le jeu des textures et un souci constant d’alléger les recettes. En 2016, elle quitte le dessert « à l’assiette » pour se lancer dans une nouvelle aventure : la pâtisserie « boutique ». Elle rejoint alors Ladurée pour diriger la création sucrée de la Maison. Elle souhaite insuffler une note contemporaine à cette Maison historique. Avec virtuosité, elle revisite les classiques de la marque et invente des créations originales. Le bien-nommé « Délice », par exemple, repose sur un tandem équilibré : la finesse noble des fraises des bois et la saveur franche de la coco. Aux premières, très vives, voire légèrement acidulées, répond la douceur et la rondeur de la deuxième. De quoi attirer les gourmands…

Mario Bellini, architecte - Prix Spécial du Jury 2018
ARCHITECTURE EN MOUVEMENT
Créateur de monuments iconiques.
Le département des Arts Islamiques au musée du Louvre ? C’est lui. Le Tokyo Design Center et les agrandissements de la National Gallery of Victoria à Melbourne ? C’est encore lui. Mario Bellini est une figure incontournable de l’architecture et du design, à la carrière prolifique. Son oeuvre embrasse le dessin urbain et architectural, le dessin d’ameublement et la création des produits industriels. A sa sortie de l’Ecole Polytechnique de Milan où il a étudié l’architecture, il devient successivement directeur artistique de La Rinascente – une chaîne de grands magasins qui a beaucoup influencé le design industriel d’après guerre – conseiller en design chez Olivetti, consultant chez Renault et membre du conseil scientifique de la section design de la Triennale de Milan. Il s’est longuement penché sur les relations entre les hommes et leur environnement artificiel. Mario Bellini pense fermement que l’on peut parvenir à améliorer l’environnement par une réunification du design. En 2005, il se lance, en collaboration avec Rudy Ricciotti, dans la conception du Département Arts de l’Islam du Musée du Louvre. Ce projet relève d’un véritable défi : réussir à construire un bâtiment dans le « mouchoir de poche » qu’est la cour Visconti. Mais il en faut plus pour décourager les deux architectes qui imaginent une verrière étincelante qui ondule au coeur du Louvre. Prouesse également technique, cette spectaculaire charpente se compose d’une résille de tubes d’acier et de verre de forme libre. Mario Bellini a également restauré et prolongé un complexe existant, dessiné… par lui une décennie auparavant. Une situation exceptionnelle ! Selon ses propres mots, « c’est extrêmement rare qu’un architecte ait la chance de raviver une de ses créations ».

Julie Gonet-Médeville, propiétaire, vignobles Gonet-Médeville - Talent du Management 2018

L’ANTIQUAIRE DU SAUTERNES
Des crèmes de tête exceptionnelles, vieillies 20 ans sans oxydation et sans boisage.
Julie Gonet-Médeville, à la tête du vignoble Gilette depuis 2004 avec son époux Xavier Gonet, commercialise bien plus que du Sauternes. Dans ce petit vignoble de 4,5 ha au cœur du sauternais, sont élaborés des crus d’exception. L’originalité ? L’élevage en réduction, unique au monde. Avant d’être mis sur le marché, les vins sont en effet conservés dans des cuves en béton pendant 20 ans. Le premier cru que Julie Gonet-Médeville a élaboré en intégrant le domaine familial en 1997, n’est ainsi commercialisé que cette année. Tout commence pendant la seconde guerre mondiale, lorsque René Médeville, a laissé son vin dans des cuves de béton, par difficulté à trouver des bouteilles et des barriques. Le cru de 1939 resta alors 9 ans en cuve avant d’être mis en bouteille, mais en le goûtant, le vigneron constata que de subtils arômes s’étaient dégagés de ce vieillissement pur du vin, sans oxydation ni contact avec le bois. C’est depuis lors que ce procédé est la marque de fabrique des vins Gilette, dotés de cet arôme singulier sous l’action du botrytis cinerea. Sémillon, Sauvignon et Muscadelle, les raisins sont vendangés rigoureusement, grain par grain, par une équipe de vendangeurs attitrés et expérimentés. Seules les crèmes de millésime sont commercialisées. Ainsi, le vin Gilette n’est pas distribué chaque année, Julie Gonet-Médeville privilégiant résolument la qualité à la quantité, laquelle reste modeste – quelques milliers de bouteilles par an ; mais exportées à travers le monde, sur les tables des plus grands restaurants. Une liqueur d’exception.

Simone Crestani, Verrier - Talent de l'Audace 2018 - ex-aequo
EXPÉRIENCE DE VERRE
Un cabinet de curiosités poétique et transparent.
J’utilise le verre pour lui donner la forme de mes pensées ». Simone Crestani s’inspire de la nature, en réinvente les formes pour en offrir une réinterprétation sensible ; avec un souci constant d’élégance et de pureté. Pour lui, le verre est le matériau idéal pour mettre en avant les contrastes. Ses créations sculpturales reflètent avec poésie la coexistence d’une forme intrinsèquement fragile et des détails rustiques. D’une base en bois brûlé s’élève un jeune arbre translucide aux multiples ramures. Des bulles d’air évanescentes soutiennent un solide plateau de bois. Simone Crestani joue avec les matières et semble défier les lois de l’apesanteur. Pour arriver à de telles prouesses techniques, celui qui se revendique artisan avant d’être artiste, a développé une technique propre pour travailler le verre borosilicate. Tout en gardant en tête les règles délicates du verre – les hautes températures de fusion, le risque constant de briser la matière – il en pousse les limites jusqu’à créer ces sculptures de grande taille très détaillées. La nature reste la source principale d’inspiration du jeune artisan italien. Les formes tortueuses des pieuvres et les branches sinueuses montrent toute l’élégante poésie de son verre transparent mais aussi toute la force de ce monde animal et végétal. On se laisse bousculer et séduire par ces sculptures pas comme les autres…

Natalie Gracia-Cetto, parfumeur, Givaudan - Talent de l'Harmonie 2018
ALCHIMIE OLFACTIVE
Des parfums subtils qui allient légèreté et profondeur.
À ses yeux, « le parfum est une alchimie, l’alliance de la fantaisie et de la rigueur théorique, de la légèreté et de la profondeur ». De son enfance partagée entre Grasse et l’Égypte, elle garde les souvenirs olfactifs impérissables du jasmin, du carcadet embaumant les rues du Caire et du foul garnissant les assiettes orientales. Après des études de pharmacie, elle intègre l’école Givaudan, pour qui elle crée des parfums depuis 1997, appréciant de pouvoir y travailler sur des produits naturels. C’est son style que l’on retrouve, notamment, derrière le « Burberry Brit » qui lui valut un Fifi Awards, catégorie « luxe » en 2004, puis un second pour la déclinaison « Burberry Brit Red » l’année suivante. C’est elle encore qui travaille au « Boucheron quatre » inspiré de la bague iconique du joaillier, un élégant floral-fruité où se mêle orange amère, jasmin rose et bois dorés. Ses derniers opus ? « Le Mâle Superman » de Jean-Paul Gautier, « The Ruthless Countess Dorothea » de Penhaligon’s, ou encore « Chérubin – Élixir Divin ». Affichant une prédilection pour les fragrances florales, elle crée le premier parfum féminin construit sur l’odeur de lavande, laquelle livre son aspect dès les notes d’ouverture, bientôt accompagnée par la présence de baies roses. Le néroli apparaît ensuite à l’odorat, accompagné du rayonnement de la fleur d’oranger, précédant l’apparition de l’iris et des feuilles de mûriers. Le tout se conclut par l’odeur boisée du vétiver et par les fragrances sensuelles de musc. Ainsi se construit l’alliage subtil entre légèreté et profondeur.

Aliénor Massenet, parfumeur, Symrise - Talent de la Séduction 2018
CONTRASTE ABSOLU
Des parfums qui travaillent les contrastes pour évoquer des histoires fortes.
Eprise d’indépendance et de liberté, Aliénor Massenet a trouvé dans le parfum, son mode d’expression idéal. Formée auprès de Sophia Grosjman à New York, elle a la chance de travailler ensuite aux côtés de Pierre Wargnye sur plusieurs projets tels que l’emblématique « Drakkar Noir ». Désormais parfumeur chez Symrise, on lui doit notamment « Trésor in Love » de Lancôme, « Only the Brave » de Diesel, ou encore « Liquid Gold Euphoria » de Calvin Klein. A la manière d’un Claude Monet, fasciné par la Cathédrale de Rouen et cherchant à saisir ses déclinaisons colorés sous toutes les lumières, Alienor Massenet travaille le parfum par thèmes. S’intéressant par exemple au cuir, elle cherchera à en décrire toutes les facettes, à en saisir toutes les nuances à travers un panel de créations complémentaires. Pour créer ses parfums, elle puise son inspiration dans des moments forts et instaure un travail constant des contrastes qui forment une signature forte et reconnaissable. Ainsi dans « Parlez-moi d’amour » créé pour John Galliano, elle oppose la rose au jasmin, convoque le gingembre et l’équilibre avec une myrtille tout en rondeur. Le « Irish Leather » de Memo, marque de niche dont elle a créé la plupart des opus, chante la beauté rustique de l’Irlande. Les notes de genièvre, de poivre rose et de sauge nous entraînent dans une campagne vibrante et sauvage qui se confronte à l’animalité du cuir. Et Aliénor Massenet de nous entraîner dans son sillage…

Maximilien Riedel, CEO, Riedel - Talent de l'Invention 2018

VINS ET VERRES
Une expertise et une créativité au service du vin.
Maximilian Riedel est la 11ème génération de la marque autrichienne, spécialisée dans la fabrication de verres. Après avoir ouvert le marché du verre et installé la marque à Dubaï, il s’envole à 23 ans aux Etats-Unis pour prendre le poste de Vice-Président de Riedel Crystal of America. En 2013, il prend les rênes de l’entreprise familiale et devient CEO du groupe. Mais Maximilian Riedel n’est pas qu’un business man aguerri. Son approche créative et son sens du design s’illustrent dans les séries de verres « Supperleggero » et « O », gamme qui fait disparaître les pieds pour s’adapter au mieux à la vie urbaine où le gain de place est crucial. Cette ingénieuse collection sera récompensée par le MoMa. Outre les verres, Maximilian Riedel met aussi son imagination au service des carafes de la Maison autrichienne. On est séduit par le modèle « Mamba » tout en courbes et en volutes qui évoque la forme d’un élégant serpent. Aussi efficace que le Mamba noir dont il s’inspire, ce modèle permet une double décantation du vin grâce aux deux chambres d’aération. Dans la Maison Riedel, le vin est sacré. Et le choix du verre joue un rôle déterminant sur la perception du vin. La marque autrichienne crée donc des verres dédiés spécifiquement aux différents cépages, régions et même quelquefois aux vins. C’est le cas avec le verre « Cheval Blanc » conçu spécifiquement pour le vin éponyme. Depuis plus de 200 ans, c’est la fonctionnalité des verres qui en guide la forme. À la fois entrepreneur et créatif, Maximilian Riedel fait ainsi rimer design et vin, avec brio.

Elie Top, joaillier - Talent de l'Audace - ex aequo 2018
DES SECRETS ÉCLATANTS
Des bijoux complexes à l’esprit baroque et futuriste.
Les bijoux d’Elie Top viennent d’une autre comète ! Celui-ci entre en 1994, à l‘Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne et apprend auprès d’Yves Saint Laurent et de Loulou de la Falaise. Pendant quinze ans, il collabore avec Alber Elbaz chez Yves Saint Laurent puis chez Lanvin où ils remettent au goût du jour le bijou couture. Aux rênes de sa propre maison de joaillerie depuis 2005, il délivre des créations originales et excentriques. Les collections « Mécaniques Célestes », « Etoile Mystérieuse » et « Cosmogonie Secrète » capturent les mystères de l’univers. Grâce à un savant système de mouvement, les bijoux se transforment et les pierres précieuses se dévoilent ou se dérobent aux regards ! Le dôme de son pendentif « Scaphandre » recèle un cosmos en or jaune et diamants. Taillé dans de l’ébène de Macassar, son bracelet-manchette « Desdémone » revisite les dômes et les vitraux de Venise. L’élément central montre un bouclier graphique aux lignes acérées qui, une fois ouvert, laisse apparaître un dôme aux pierres éclatantes qui évoque les vitraux médiévaux d’antan. Elie Top se joue des époques et des styles. Il associe baroque et esprit futuriste, industriel et Renaissance dans des collections qui déclinent à l’envie le double porté…

Soline d'Aboville, designer-scénographe, Manymany - Talent du Bien-Etre 2018
VITRINES ENCHANTÉES
Des scénographies magiques et stupéfiantes.
Soline d’Aboville est scénographe dans le grand théâtre du luxe. Designer de formation, elle est spécialiste de la création de vitrines. Le diplôme de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en poche, elle travaille aussitôt pour Cartier. En 2008, elle lance l’agence Manymany et c’est à elle que les plus grands noms, comme Hermès, Chanel, Royal Monceau… confient la scénographie de leurs créations. Son style ? Des effets de lumières et des jeux de miroirs, inspirés notamment des techniques traditionnelles du théâtre et du spectacle vivant, un travail soigné sur la couleur, le tout dans le but de créer une forme d’expérience polysensorielle. Ainsi, lorsqu’elle crée un cabinet de curiosités dans les salons Boucheron, elle fait le choix déconcertant de fermer les fenêtres, cachant la vue sur la Place Vendôme. Par un fascinant jeu de lumière, elle entraîne alors le regard vers la mise en scène stupéfiante d’une collection en apesanteur. Citons aussi le dispositif conçu pour Lalique Joaillerie, à l’occasion de la sortie d’une collection hommage à Sarah Bernard – la Divine Scandaleuse. Le motif de palme, emblématique de la collection, est réinterprété en un double rideau de scène, devenant le motif d’un papier peint fait main en or et blanc avec réhaut coloré en arrière-plan et une dentelle d’or au premier plan. Grâce à l’utilisation de miroirs pour l’habillage des côtés, les vitrines semblent n’en constituer qu’une grande. Des scénographies poétiques, écrins parfaits aux merveilles mises en scène.

Carlo Apollo, marqueteur - Prix de l'Entreprise des Métiers d'Art 2018
EN SOL MAJEUR
La marqueterie dans ses plus beaux atours.
On s’aventure sur les sols crées par Carlo Apollo sur la pointe des pieds, avec révérence. Reconnu sur la scène internationale, cet artisan italien donne ses lettres de noblesse à la marqueterie de bois. Après des études d’architecture et de design, il travaille la mosaïque avant de se spécialiser dans la fabrication de sols en bois sur-mesure. Ce passionné d’histoire et de tradition aime à s’emparer de cette matière « dormante » pour lui insuffler une nouvelle vie. Là où l’on ne voit qu’un plancher en bois usé, l’oeil avisé de Carlo Apollo en détecte toutes les potentialités : il le retravaille, joue avec les essences pour en faire un véritable objet d’art ! Les veines du bois, la couleur chatoyante d’une essence entraînent sa main et influencent son dessin. Contrastés ou ton sur ton, les parquets de Carlo Apollo illustrent tout le génie et la maîtrise technique de cet artisan hors pair.

Romain Gauthier, horloger - Talent de l'Innovation 2018 - ex aequo
L’ART DES FINITIONS
Des créations élégantes et légères grâce à un calibre inédit et la passion du détail.
Respectueux des traditions de la haute horlogerie, Romain Gauthier se démarque par son souci du détail, ses finitions manuelles, le design épuré et contemporain de ses montres et ses techniques innovantes de micro-ingénierie. Tout un programme ! Un programme que Romain Gauthier concrétise en montant sa propre marque de Haute Horlogerie en 2005. Depuis, sa manufacture conçoit, produit, décore et assemble une soixantaine de pièces exclusives par an. A part quelques pièces, Romain Gauthier et sa vingtaine de collaborateurs, sont capables de tout produire, de tout usiner avec minutie. Avec son modèle « Insight Micro-Rotor », il crée un garde-temps alliant efficacité et authenticité. Le signe distinctif de cette montre ? Son micro-rotor bidirectionnel en or massif qui permet 80 heures d’autonomie, tout en contribuant à la finesse du design. Le cadran ajouré nous permet d’admirer la technique mais aussi l’esthétisme de cette collection. Les finitions sont admirables : les roues se démarquent par leurs bras circulaires aux biseaux très prononcés ; les ponts sont dotés d’angles rentrants anglés et polis à la main. Autre innovation : un système à poussoir qui rythme les heures et les minutes sur un cadran décentré. Un véritable tour de force technique qui lui vaut d’être lauréat du Grand Prix d’Horlogerie de Genève. De quoi nous faire rêver au temps qui passe.

Silvia Stein Bocchese, CEO Maglificio Miles - Talent de l'Innovation 2018 - ex aequo
DE FIL EN AIGUILLE
Une épopée textile mêlant tradition et innovation.
Imaginez, plus de 500 échantillonnages de fils et 12 000 points de tricots consultables et disponibles ! De quoi donner corps aux créations vestimentaires les plus folles. Mais où se trouve un tel trésor ? Dans les archives de la société italienne Maglificio Miles, véritable mémoire vivante de la maille et du tricot. L’histoire de cette société est intrinsèquement liée à celle de Silvia Stein Bocchese, qui débute cette épopée textile avec la création de tricots en soie d’organza. Sa rencontre cruciale avec Lison Bonfils, mannequin pour Dior, lui ouvre les portes des plus grandes maisons de couture : Sonia Rykiel, Yves Saint Laurent, Celine, Chloé lui passent commande… La raison de ce succès ? Maglificio Miles est reconnue pour respecter scrupuleusement les croquis des créateurs et les transformer en produits finis de très grande qualité. Mais la notoriété de cette marque tient également aux techniques avant-gardistes et aux équipements de production choisis. Grâce à un partenariat avec Lineapiù, fabricant de fils, elle développe NeTTA – New Technology for Textile Application – afin de concevoir des vêtements imprimés en 3D. Ce nouvel outil révolutionne la mode tout en gardant un lien fort avec les techniques de maille traditionnelles. Maglificio Miles a toujours un fil d’avance…

Suzanne Syz, fondatrice, Suzanne Syz Art Jewels - Talent de l'Originalité 2018
LA POP JOAILLERIE
D’éclatantes couleurs et de surprenants matériaux pour des bijoux d’exception.
Des pièces uniques pour des femmes d’exception : cette formule décrit à merveille les bijoux de Suzanne Syz, portés par Elizabeth Taylor, ou encore l’archiduchesse Francesca de Habsburg-Thyssen. Installée à New-York dans les années 1980, Suzanne Syz y côtoie, entre autres, Jean Michel Basquiat, Jeff Koons et Andy Warhol. Elle entend alors appliquer au monde de la joaillerie une révolution comparable au Pop Art dans les arts plastiques. Elle utilise des couleurs rayonnantes, des forces audacieuses et porte une attention extrême aux détails. Elle n’omet pas d’utiliser des matériaux inattendus car, aux gemmes traditionnelles, ses créations mêlent le titanium, l’aluminium ou encore l’émail. Parmi elles, songeons au bracelet « Hashtag ». Semblable à un puzzle emboîtant des signes dièse, il est conçu à base de titanium et de quartz, et monté de diamants et de spinelles. Songeons aussi à la bague « Power of the Flower », composition baroque, où, autour d’une émeraude aux formes irrégulières, sertie de diamants roses, serpentent des diamants jaunes et des pistils en céramique. Avec un certain sens du spectacle, celle qui a ouvert un showroom à Genève, tient à mettre en scène ses créations, à l’exemple de l’écrin « Frozen Yogurt », signé par Alex Israel, et présenté dernièrement à la foire Art Basel de Miami : un pot de glace géant surmonté d’un nuage crémeux en verre et céramique, à l’intérieur duquel se loge une bague, le tout dans un stand évoquant la boutique d’un glacier… Suzanne Syz n’a pas fini de dépoussiérer la joaillerie.

Thierry Vendome, joaillier - Talent de la Rareté 2018
DE ROUILLE ET D’OR
Une joaillerie singulière, véritable ode à la nature.
Pour Thierry Vendome, la joaillerie est une histoire de famille. Héritier de Jean Vendome, il réinvente avec panache l’illustre savoir-faire dont il est le successeur. C’est aux côtés de son père qu’il apprend l’art des bijoux-sculptures et les alliances détonantes de matières, avant de s’installer à son compte en 2003. Ses bijoux d’une beauté et d’une poésie stupéfiantes mêlent l’or au barbelé, les galets au diamant. Dessinateur prolifique, il imagine des forces qui sont autant d’histoires qu’il veut raconter en bijoux. Thierry Vendôme nourrit sa créativité des miracles de la nature et souligne l’action de l’homme sur cette dernière. Ainsi, sa parure « Jardin Sauvage » conjugue des matières précieuses telles que l’or blanc et les calcédoines sculptées à un matériau bien plus surprenant : la rouille. Dans cette création, il montre toute la complexité d’une nature tour à tour fragile et puissante. Derrière les contrastes entre matériaux bruts et gemmes éclatantes, se cachent des finitions impeccables qui permettent un porté parfait et un équilibre délicat. Le joaillier tient à tout fabriquer lui-même. Il maîtrise toutes les constructions, qu’elles soient géométriques, transformables, ou ludiques avec des éléments dévissables. Il remplace les vides par les pleins, revisite les volumes et réapprend à ses clients l’usage de la parure. Explorant sans cesse de nouvelles pistes esthétiques dans ses créations engagées, Thierry Vendôme fait de la joaillerie un art à part entière.
2017 award winners

Renzo, Scarpelli, Marqueteur de pierres dures - Prix de l'entreprise des Métiers d'Art
PEINTURE DE PIERRES DURES
Des motifs créés en taillant la pierre, selon une ancienne technique florentine.
C’est non loin de la Cathédrale de Florence que Renzo Scarpelli travaille la mosaïque selon une technique bien spécifique datant des Médicis. Il s’agit de l’art de la pietra dura, consistant à créer des motifs en taillant des pierres précieuses et semi-précieuses : pierre verte de l’Arno, ramassée dans la vallée du fleuve florentin, jaspe rouge, magnésite jaune… Dans son atelier, les pièces sont fabriquées avec une minutieuse attention portée au mariage des couleurs et des pierres, et sur une parfaite précision de la coupe. Le talent et la passion de Scarpelli ont permis de faire perdurer une technique qui représente Florence avec fierté. Transmettant son savoir-faire à ses fils, mais aussi à quiconque apprécie la magie et le charme de cette technique classique, il crée tableaux, tables, petits objets, écrins, colliers, ou encore petites boîtes imprimées d’images de fleurs, d’animaux ou de paysages toscans. Motifs végétaux ou paysages contemporains prennent vie dans la pierre inanimée.

Sophie Labbé, parfumeuse, IFF - Prix Lalique 2017

RÉCIT OLFACTIF
Des fragrances enchanteresses qui ouvrent à l’infini l’imaginaire.
Pour Sophie Labbé, le métier de parfumeur relève à la fois du récit et de l’aventure. Elle avoue se raconter toujours l’histoire d’un parfum avant de le créer, curieuse de savoir vers quelles émotions, vers quelles sensations le parfum va l’emporter. C’est Jean Kerléo, nez pour Jean Patou, qui l’entraîne dans la vocation de créateur de parfums. Formée à l’ISIPCA, elle rejoint, en 1993, IFF, chez qui elle crée, par exemple « Organza » pour Givenchy. Lauréate du prix international du parfum Coty en 2005, elle a depuis lors signé des parfums restés des classiques. Citons ainsi « Jasmin noir » pour Bulgari, fleur tout droit sortie de l’imaginaire, fleur de pur mystère, qui révèle à la nuit tombée son intrigante sensualité. Ce parfum boisé floral, aux accents ambrés, est construit autour de la fleur de jasmin. Faisant de chaque collaboration l’occasion d’une expérience stimulante et d’un défi de créativité, c’est à chaque fois une nouvelle histoire olfactive qu’elle raconte par ses parfums.

Patricia Tranvouëz, directrice générale, Kenzo Parfums - Prix du Marketing du luxe 2017

UN PARFUM DE MODERNITÉ
Entrez dans le monde audacieux de Kenzo.
Ouverture, audace, esprit d’entreprise, modernité : tels sont les maîtres mots de Patricia Tranvouëz. Un credo qu’elle s’est forgé lors de son passage à L’Oréal Indonésie. Après avoir été chef de groupe marketing international pour Level-Fabergé, elle intègre en 2004 le groupe LVMH où elle est directrice de la marque Séphora, pour qui elle crée la marque Séphora + en 2006. Elle y lance des marques innovantes telles que Rexaline ou encore le maquillage Fred Farrugia. C’est elle aussi qui propose à la même époque une innovation qui sera promise à un grand avenir commercial : le dissolvant sur mousse. En 2010 elle devient directrice générale de Kenzo Parfums, résolue à rajeunir la marque. Le parfum féminin Kenzo World, créé par Carol Lim et Humberto Leon et lancé fin 2016, est un succès immédiat et fulgurant. A rebours de la tendance dominante, la publicité mise sur une esthétique excentrique et déjantée. Sous la houlette de Patricia Tranvouëz, Kenzo Parfums bouscule les codes de la parfumerie avec énergie et passion.

Lorenz Bäumer, joaillier, Lorenz Baümer - Talent de l'Audace 2017

L’ÂME DES BIJOUX
Des prouesses techniques à l’origine de bijoux animés respirant une vie éclatante.
Il aurait pu être ingénieur, il est créateur de bijoux, et non des moindres. Tout juste diplômé de l’École Centrale, il commence, dès 1989, à créer des bijoux fantaisie, et établit son salon rue Royale. C’est à cette époque qu’il est repéré par Alain Wertheimer pour dessiner la joaillerie de Chanel, ouvrant une collaboration qui va durer près de vingt ans. En 1995, le salon où il reçoit en privé une clientèle confidentielle déménage place Vendôme, ce qui traduit une montée en gamme de ses créations. Mais avec une constante de style : une envie de se fixer des défis techniques, un goût pour une géométrie épurée, une volonté de créer des bijoux à la manière d’œuvres d’art, puisant son inspiration dans la mer… avec une clientèle à la hauteur de son prestige. À partir de 2009, il crée pour Louis Vuitton. L’année suivante, c’est Charlène Whittstock qui lui commande, pour son mariage avec Albert de Monaco, cette tiare asymétrique en diamants, qui prend la forme d’une vague déferlante. Depuis il ne cesse de créer de nouvelles collections et de nouvelles pièces toujours aussi originales, comme la bague « Battement de cœur », en or blanc et diamants, dont les contours évoquent les variations d’un électrocardiogramme. Citons également la collection « Sumba » : déclinée en bagues, boucles d’oreilles, bracelet, collier sautoir, elle est imaginée sous la forme d’un semainier de pierres interchangeables – onyx, jaspe rouge, œil de tigre, quartz rose, calcédoine, pierre de turquoise, or satiné tourbillon. Les bijoux de Lorenz Baümer ont une âme et respirent une vie éclatante…

Michel Almairac, parfumeur, Robertet - Talent du Bien-Etre 2017
PARFUMEUR PAR ESSENCE
La parfumerie est un monde de rêve et non de formules rigoureuses.
Passion, patience et modestie sont les atouts majeurs qui guident sa création. Il est l’auteur, notamment de « Rush » pour Gucci, et de « Chloé Signature » pour Chloé. Natif de Grasse, Michel Almairac a toujours été entouré par les odeurs de la capitale des parfums. C’est donc tout naturellement qu’il intègre l’école Roure en 1972. Attaché aux belles matières premières comme la rose ou le santal, il est reconnu mondialement pour ses formules courtes : chaque ingrédient qu’il met dans ses créations doit avoir un rôle clés dans l’équilibre du parfum. C’est ainsi qu’il explore de nouveaux territoires, qui incluent souvent des notes modernes dans des structures classiques. On songe par exemple au parfum qu’il crée pour Bottega Veneta, centré autour du cuir, avec un effet abricot, jasmin et violette… Tout aussi intemporelle, la structure de « Voleur de Roses » pour L’Artisan Parfumeur, axé sur le dialogue entre la rose et le patchouli : ni la rose ni le patchouli ne dominent vraiment la composition, puisque chacune des deux fragrances prend un caractère nouveau et différent au contact de l’autre. Celui qui travaille pour Robertet depuis 1998 avoue tenir une importante partie de son inspiration de sa collaboration avec les marques : il veut respecter l’atmosphère de la marque en développant un parfum unique. Par exemple « L’Eau de Chloé », créée en 2012 pour Chloé, une sorte d’eau de Cologne chyprée rehaussée d’une rose verte aérienne. Bref, un parfum unique créé par un parfumeur exceptionnel, qui transmet avec générosité son savoir-faire à toute son équipe.

Tom Chardin, bottier Maison Massaro - Talent de l’Élégance 2017
LA RELÈVE DE LA BOTTE
Un savoir-faire exceptionnel, matérialisant les créations les plus audacieuses.
Deux fois meilleur ouvrier de France, Tom Chardin prend goût au travail des métiers manuels dès sa plus tendre enfance, en voyant travailler son père rotinier, avant de rejoindre les Compagnons du devoir à l’âge de 15 ans. C’est alors qu’il acquiert progressivement son savoir-faire d’excellence dans la botterie. Titulaire du CAP cordonnier Bottier en 2000, il dirige depuis 2009 l’atelier de la Maison Massaro. Il s’illustre notamment dans la podo-orthésie et dans la botterie féminine, spécialités qui lui valent chacune le titre de Meilleur Ouvrier de France. Ayant exposé jusqu’au palais de l’Élysée, il travaille à partir des croquis de Karl Lagerfeld et de Laurence Dacade. De la botterie classique aux créations les plus folles, Tom Chardin met tout en œuvre pour satisfaire les moindres désirs d’une clientèle exigeante et souvent passionnée. Ces bottes à talons très hauts, d’un noir vif, aux motifs gothiques, que porte Lady Gaga ? C’est lui. La Collection Haute-Couture et Métiers d’Art Chanel, riches de motifs improbables, semblant tirés d’un conte de fées, comme ce soulier couleur d’argent ? C’est encore lui. Ces collections aux motifs floraux luxuriants éditées par Balmain ? C’est toujours lui. Outre un patient travail sur le confort du pied, Tom Chardin s’attache à matérialiser les rêves les plus fous des créateurs. Le regard tourné vers le ciel, et les pieds sur terre.

Grégoire de Lafforest, designer, architecet d'intérieur - Talent de l’Élégance 2017 - ex aequo
L’ÉLÉGANCE ÉPURÉE
Un mobilier aux lignes minimales, douces et fluides.
En 2013, le système mural Vola lui a valu le prix VIA, qu’il a remporté à quatre reprises. Il s’agit d’une cimaise où sont accrochés, à l’aide de cordes, étagères, panneaux, miroirs, sans emprise au sol. Formé à l’architecture d’intérieur à l’École Penninghen, le designer Grégoire de Lafforest est un éclectique. Ainsi, il a travaillé aussi bien avec Bruno Moinard, s’illustrant alors par l’emploi de matériaux précieux, marbre, écaille de tortue, parchemin, que pour les Galeries Lafayette, collaborant également avec l’agence Noé Duchaufour-Lawrance, où il travaille la laque et le corian pour créer un univers contemporain. Son style ? Minimales, douces et fluides, ses réalisations privilégient l’épure, des matériaux naturels, sobres et chaleureux. La cage Archibird, mixée avec une console, associe chêne massif, acier laqué blanc et verre. Elle met en scène l’oiseau à la manière d’un décor de théâtre : la cage, dans laquelle est posée un arbuste est montée sous la table. L’espace d’habitation de l’oiseau est prolongé sur le dessus de la table par trois cloches de verre où s’étendent les branches de l’arbre. Grégoire de Lafforest a cette année intégré la direction artistique d’Hermès, avec de belles recherches en perspective.

Bart et Tim Grönefeld, horlogers, Grönefeld - Talent de d'Harmonie 2017
LA BONNE HEURE
Une maîtrise technique permettant des pièces d’horlogerie d’une rare précision.
Héritiers de la grande tradition horlogère Suisse, les frères Grönefeld sont pourtant hollandais. Reconnus pour leur exceptionnel savoir-faire horloger, Tim et Bart ont réuni leurs talents pour réenchanter avec bonheur l’horlogerie. Après avoir travaillé successivement pour Asprey et pour Renaud & Papi, c’est à la fin des années 1990, qu’ils retournent aux Pays-Bas pour fonder ensemble la marque Grönefeld en 2004. Très rapidement leur inventivité harmonieuse attire tous les regards. Leur premier modèle GTM-06, présenté en 2008, voit le jour après quatre années de minutieuses recherches. C’est un tour de force technique, où Bart Grönefeld s’illustre dans la fabrication du tourbillon : cette cage tourne sur elle-même, on y enferme le mécanisme central de la montre, afin d’annuler les effets de la gravitation sur la marche du mouvement. Ce savoir-faire leur vaut, en 2014, le prix Tourbillon au Grand Prix de l’Horlogerie de Genève, pour leur modèle Parallax Tourbillon. Ce prix tant convoité souligne que les Grönefeld produisent des montres imprégnées de grâce, de précision, et d’un artisanat exceptionnel. Chacun de leurs modèles est salué comme une grande première technique et esthétique. Ainsi, le Remontoir Grönefeld 1941, dernier opus lancé durant le Baselworld 2016, est un petit concentré d’ingéniosité offrant une fascinante précision à la montre qui sautille toutes les 8 secondes. Elle remporte le prix de la catégorie « homme » au GPHG 2016. Une roue du succès remontée à bloc.

Chafik Gasmi, architecte, designer, directeur artistique, Chafik Studio - Talent de l'Innovation 2017
DESIGN SENSIBLE
Un design sensuel, innovant, épuré et intemporel.
Passionné d’architecture et de conception de meubles contemporains, le designer Chafik Gasmi fonde en 1989 Univers intérieur pour éditer ses réalisations. Trois ans plus tard, il se voit décerner le prestigieux Grand Prix de la Critique du Meuble pour l’ensemble de sa collection. L’année suivante, sa démarche créative et novatrice séduit l’industrie. Il entame des collaborations fructueuses avec d’Argentat, Guermonprez et Hugues Chevalier. En 1996, c’est Sephora qui le nomme directeur artistique et lui confie la conception du mégastore des Champs-Élysées. Les boutiques noires et blanches revêtues d’un tapis rouge ? C’est lui. Tout comme l’étonnante « Table qui marche ». C’est durant ces années qu’il redessine pour Moulin Galand la mythique chaise Square. Parallèlement à cela, les années 2000 sont consacrées à une collaboration active avec les marques Dior, Kenzo, Guerlain, et Givenchy. En 2004, il crée son studio de création indépendant : Chafik Design. En 2007, il prend la direction artistique de Baccarat, avec qui il réalise, notamment « Full Moon », lustre lunaire réalisée en 2011 dans le hall de l’hôtel Corinthia. C’est cette même année qu’il est nommé directeur artistique des retails de Lancôme, se faisant tour à tour concepteur de ses points de vente au Bon Marché et aux Galeries Lafayette, et créateur d’un concept de magasin fondé sur une nouvelle expérience client. Depuis ses débuts, Chafik Gasmi met son extraordinaire sensibilité au service de marques qui cherchent à évoluer dans la rigueur et l’équilibre. Un homme d’intuition, le regard tourné vers l’avenir.

Benjamin Lobel & Manuel Mallen, co-directeurs Poiray - Talent de l'Invention 2017
UNE RENAISSANCE EN ÉCLAT
Une joaillerie ludique et audacieuse.
L’un, Manuel Mallen, a travaillé chez Richemont, dont il a lancé la filiale espagnole, ainsi que pour Baume & Mercier. Formé à la Gemological Institute of America de New-York, et à l’ESCP Paris, l’autre, Benjamin Lobel, a travaillé pour Van Cleef & Arpels et pour les Galeries Lafayette. C’est en 2013 qu’ils reprennent la maison Poiray, associés dans son capital aux côtés de la société de participation AMS Industries. Au prix d’une simplification drastique de l’offre, la marque, fondée en 1975, se concentre sur ses produits emblématiques, à l’image de la mythique montre « Ma première », aux bracelets interchangeables. Renouvelée en 2015, la montre voit venir une petite sœur en 2016, intitulée « Ma préférée », avec cette fois-ci une forme ronde. Interchangeable, le bracelet peut même à présent être remplacé par un foulard de soie, pensé pour l’occasion par la créatrice Inès de Parcevaux. Dans le même esprit la marque lance la collection « Ma préférence », faite de bagues interchangeables et transpose sur les bijoux son art de la transformation. Elles changent de couleur en un clin d’œil et d’un clic : à partir d’une base en or on peut changer la pierre au gré de ses envies. Bref, une renaissance tout en éclat.

Zvonko Markovic, créateur de mode - Talent de l'Invention 2017 - ex-æquo
LA GRÂCE DU PAPILLON
Il crée des collections toujours plus inattendues, jouant sur la magie des matériaux.
Bien plus qu’un fashion designer, Zvonko Markovic est un véritable sculpteur sur tissu : à partir de la magie des matériaux, il crée des pièces toujours plus inattendues. Son secret ? Une utilisation des tissus et cuirs comparable à celle qu’un sculpteur ferait de l’argile pour reproduire au mieux les formes de son modèle. C’est cette volonté de transcender les formes du corps qui caractérise le style de Zvonko Markovic. Chacune de ces combinaisons crée le portrait d’une femme se mouvant sans peine à travers le temps et l’espace. Un style couronné de succès : collaborateur des plus grandes marques de mode des Balkans, il est primé meilleur designer de la saison aux Serbia Fashion Awards 2014. Jusqu’alors essentiellement régionale, sa notoriété n’en finit pas de croître, puisque ce créateur a participé à la Fashion Week de Paris en 2015. En témoigne également la collection « Velvet dream » présentée à la New-York Fashion Week de 2016. Axée sur le velours, cette collection évoquant un onirisme gothique offre tantôt des robes d’un noir de jais, tantôt des tenues rouges tirant sur le pourpre, tantôt de longues parures bleu marine. Citons par exemple cette robe noire transparente ornée d’un motif de pierreries noires, pareil à un oiseau de nuit prenant son majestueux envol. Quant à l’envol que prend Zvonko Markovic, il ne laisse derrière lui que des créations d’une beauté hypnotique.

Bruno Scavo, Chef sommelier, Monte-Carlo Société des Bains de Mer - Talent de l'Originalité 2017

LE SOMMELIER VOYAGEUR
Un goût et un odorat qui cheminent à travers tous les vins du monde.
Au départ, rien ne le destinait à la sommellerie, sinon une passion qui le prend progressivement, alors qu’il a déjà en poche un CAP d’ébénisterie et qu’il effectue des saisons dans la restauration. Aujourd’hui, Bruno Scavo préside l’Association des sommeliers de Monaco, et officie comme chef sommelier au Monte-Carlo Sporting Club, ainsi qu’à la Société des bains de mer. Après plusieurs congés sabbatiques, passés notamment à voyager, il obtient le CAP, puis le Brevet professionnel de Sommellerie. Dès 1993, il obtient le second prix au Concours Talent Hine, sur le cognac, et, l’année suivante, la première place au Prix international Paul-Louis Meissonnier. Son leitmotiv ? Faire du vin le synonyme d’une aventure. De là ses nombreux voyages à travers le monde et à travers les impressionnantes cartes qu’offrent les caves du Rocher. À ses yeux, un bon sommelier doit avoir aussi bien du tact que de la curiosité. Ainsi, si son titre d’Echansonnier du Pape de la Confrérie de Châteauneuf-du-Pape l’associe à un vin réputé, il a également contribué à donner leurs lettres de noblesse à des vins jusqu’ici restés dans l’ombre, comme les vins corses ou roumains. Revivifiant les codes de la profession, il a récemment accompagné de Clos Saint-Vincent millésimé un repas végétal conçu par Alain Passard et Paolo Sari à l’Elsa. Rédacteur occasionnel pour des guides et revues réputés, comme le Fleurus ou Vin & Gastronomie, sa riche connaissance des vins l’a conduit au jury de grandes compétitions internationales. Avec le tact, et surtout le flair, qui siéent à un sommelier.

Severina Lartigue, créatrice de fleurs de soie - Talent de la Rareté 2017
L’ÉCLOSION D’UNE FLEUR
La brillante renaissance du métier de fleuriste artificiel.
Le métier de fleuriste artificiel, classé métier d’art rare depuis 2011, aurait bien pu sombrer dans l’oubli si Séverina Lartigue n’avait contribué à le faire renaître. Tout commence par une rencontre avec les ateliers Fromentin, fabrique familiale de fleurs artificielles, riche d’un siècle d’existence. En collaboration avec Jacques Delamare, elle y apprend le métier. Digne héritière de cette maison, elle poursuit dans cette voie et ouvre son propre atelier. Particulièrement attentive aux techniques employées, elle utilise par exemple d’anciens emporte-pièces pour le maillage. Elle chine les tissus avec la passion d’un collectionneur : cotons à trame fine pour y découper ses myosotis, satins de soie pour des anémones au cœur de velours noir… Mais elle ne se contente pas de fabriquer des fleurs : elle les crée. Ainsi, les couronnes de mariées qui ont tant contribué à sa notoriété se caractérisent par leurs formes riches et généreuses, mais encore par leurs coloris pastel et doux. S’adressant aux particuliers, ainsi qu’à des maisons de haute couture comme Chanel ou à des enseignes de prêt-à-porter, son atelier remporte de prestigieuses distinctions, qui couronnent en même temps le métier de créatrice de fleurs de soie. Sa collection de couronnes nuptiales lui vaut ainsi le prix régional de la SEMA en 2002 et elle obtient en 2012 le label « Entreprise du Patrimoine Vivant ». En 2014, elle bénéficie même d’un prêt d’honneur de la Fondation Michelle & Antoine Riboud ainsi que d’un accompagnement de la Fondation EY pour les métiers d’art. Une brillante éclosion.

Iginio Massari, Chef pâtissier - Talent de la Séduction 2017
LE CHEF DES CHEFS ITALIENS
La crème de la crème de la pâtisserie italienne.
La nourriture ne doit pas se contenter d’être bonne, elle se doit d’être belle et élégante. Tel est l’avis d’Iginio Massari, ce géant de la pâtisserie mondiale, dont la renommée n’a d’égal que la qualité de ses chefs-d’œuvre sucrés. Formé auprès du Suisse Claude Gerber, puis des Italiens Bauli et Cervi, il travaille quelque temps pour l’industrie pâtissière, avant d’ouvrir en 1971, à Brescia, la pâtisserie Veneto. C’est ici qu’il donne vie à ses pâtisseries. L’équipe d’Iginio Massari transporte le client dans une promenade du goût. Des spécialités italiennes et internationales sont proposées, avec ce souci de faire de la pâtisserie une expérience aussi bien gustative que visuelle. Citons ainsi la « Donna Moderna », véritable sculpture baroque qui se mange, où une statue de danseuse est entourée de motifs floraux bleu clair. Une expérience qui s’accompagne d’une renommée internationale pour son créateur, seul membre italien de l’association « Relais desserts », et fondateur de l’Académie des maîtres Pâtissiers Italiens. Ce n’est donc pas pour rien que, depuis 1964, Iginio Massari a remporté près de 300 distinctions pour l’exceptionnelle qualité et créativité de son art pâtissier. Outre sa prestigieuse reconnaissance, à plusieurs reprises, par le guide Gambero Rosso, et sa médaille du « chef pâtissier italien de l’année 1999 – 2000 », on songe bien évidemment aux éditions 1997 et 2015 de la coupe du Monde de Pâtisserie, que l’équipe italienne dont il est capitaine remporte haut la main. Une gloire délicieuse.

Nathalie Guillier-Tual, Présidente Rhums Trois Rivières - Talent du Management 2017
RENAISSANCE DU RHUM AGRICOLE
Elle donne au rhum agricole ses lettres de noblesse.
Grâce au travail de Nathalie Guillier-Tual et de son équipe, le rhum agricole est désormais une boisson aussi prestigieuse que le cognac ou le whisky. C’est à cette diplômée de HEC que Cyrille Chevrillon confie la présidence du groupe Bellonnie et Bourdillon Successeurs, propriétaire de la marque Trois Rivières, lorsqu’il s’en porte acquéreur. Elle fait le pari de relever cette plantation martiniquaise alors mal en point, et se prend de passion pour le rhum, suivant une formation AOC pour l’occasion. Très vite, elle ambitionne d’imposer la marque comme référence majeure du rhum de luxe. Pour ce faire, elle réaffirme l’exigence d’excellence de la gamme, qui conçoit ses produits à partir de pur jus de canne, et non à partir de mélasse comme la majorité des fabricants. Les cannes à sucre sont coupées à la main, et le produit fini vieillit dans des fûts de chêne. L’histoire de Trois Rivières est remise en avant : ainsi, la nouvelle bouteille créée en 2014 met en valeur la date où Nicolas Fouquet fonde la plantation, 1660. Le tout accompagné d’une montée en gamme : la marque édite, par exemple, une cuvée limitée de 1980, en confiant la conception de la carafe en cristal à Baccarat. Enfin, elle organise en 2016 le concours de cocktails « Rhumbellion », afin de promouvoir le rhum agricole à la française. Résultat ? Plus qu’un succès, un triomphe : 55 médailles obtenues en 2015, 45 en 2016, une hausse des parts de marché de 60% en France et de 20% à l’international. Faire du rhum le synonyme d’exotisme, mais également d’excellence d’un savoir-faire : Nathalie Guillier-Tual relève le défi avec brio.

Valentin Yudashkin, créateur de mode - Empreinte de l'année 2017
POUPÉES RUSSES
À l’avant-garde de la mode.
L’aventure commence lorsqu’il est diplômé de la faculté de mode de Moscou en 1986. C’est dès l’année suivante que Valentin Yudashkin lance sa première collection, connaissant très rapidement une renommée internationale, puisque la collection « Fabergé », qu’il expose à Paris en 1991 remporte très vite un franc succès. Aujourd’hui styliste parmi les plus célèbres de Russie, il a ses pièces exposées au Musée de la mode et du textile, au Musée californien de la mode, au Musée historique d’État de Moscou, au MET de New-York. Beaucoup de ses collections ont été montrées à Paris, Milan, New-York et d’autres capitales de la mode à travers le monde, comme la collection « Valentin Yudashkin by Jacob & Co. », créée en partenariat avec Jacob & Co, exposée à Bâle en 2007. Auteur de collections d’accessoires, et d’objets domestiques, Valentin Yudashkin est surtout connu pour ses collections de prêt-à-porter et de haute couture. Son style ? Un mix inédit entre les matériaux classiques et high-tech. Avec ingéniosité, il combine la soie, l’élasthanne, avec le néoprène, la mousseline avec le jersey et les filets de néoprène, créant des combinaisons textiles inattendues pour des robes de jour. L’organza, le taffetas, le crêpe de mousseline, le tulle de soie et la dentelle donnent naissance à de complexes robes du soir. Depuis plus de 20 ans déjà, Valentin Yudashkin est le seul couturier russe qui a réussi à rester à l’avant-garde de la mode.

Raymond Massaro, Maître bottier - Prix spécial du Jury 2017
FIÈRE ALLURE
Aux pieds des élégantes se trouve le plus grand bottier du monde.
Massaro, nom mythique de la botterie parisienne ! Cette maison fondée en 1894 est une tranche d’histoire à elle seule : Barbara Hutton, Elsa Schiaparelli, Léon Blum, la duchesse de Windsor, René Coty, Shirley Mac Laine, Elizabeth Taylor, Francesco Smalto, Romy Schneider… étaient des habitués. C’est que personne au monde ne sait alors rivaliser en précision, en invention, en perfection avec Raymond Massaro, fils et petit-fils de bottier. Après ses illustres prédécesseurs, Sébastien et Donnat, c’est lui qui a présidé aux plus belles heures de la botterie française. Son CAP en poche, Raymond Massaro débute sa carrière, en 1947 sous la houlette de son père, il apprend le métier avant de se voir confier les rênes de la maison. De sa collaboration avec Coco Chanel, naîtra la sandale bicolore : un modèle iconique de la maison qui utilise un élastique pour remplacer la traditionnelle boucle sur le pied. Voilà qui marque le début d’une longue collaboration avec Chanel qui rachètera des années plus tard la maison, à la retraite du maître. Inventeur de la ballerine élastique, si moderne aujourd’hui, Raymond Massaro a fait les belles heures de la botterie française. L’œil lumineux et le sourire aux lèvres, Raymond Massaro a le visage des hommes qui vivent leur métier avec passion. Karl Lagerfeld, Dior, Jean Paul Gaultier, Azzedine Alaïa, Thierry Mugler et bien d’autres ont collaboré avec lui. « Chaque collaboration est un challenge. C’est ce qui me plait, réaliser des créations très différentes, avec des matériaux aussi variés tels que le cuir, le satin, la matière plastique transparente, le strass… », explique le Maître bottier. Pour cet expert, qui n’est pas que maître bottier, mais également, podo-orthésiste, il faut veiller à l’équilibre de la chaussure, à la cambrure, au confort du pied et à l’allure. Liz Taylor, Marlène Dietrich ou encore Romy Schneider lui ont confié leurs pieds. C’est au fond un peu de leur panache et beaucoup de leur allure que les plus grandes stars doivent à Raymond Massaro.

Solange Azagury-Partridge, joaillière - Talent d'Or 2017
ROCK AND DIAMONDS
L’univers fantastique de bijoux extravagants.
La collection Serpent Bohême, où l’animal emblématique de la marque Boucheron prend la forme d’une pièce en or étoilée de diamants ? C’est elle. Après des études en linguistique, Solange Azagury-Partridge travaille chez Butler et Wilson, puis chez Gordon Watson, où elle développe un intérêt pour la joaillerie vintage. C’est en 1987 qu’elle dessine sa première pièce de joaillerie : sa propre bague de fiançailles. L’intérêt devient vite une passion qui la pousse à ouvrir sa première boutique à Londres en 1995. Le succès est immédiat. En 2001, elle est repérée par Tom Ford, et c’est là qu’elle passe à la direction artistique de Boucheron, où elle reste jusqu’en 2004. Durant cette période, elle crée trois puissantes collections : Dangerous Beauty, Not Bourgeois, et Quatre. Après ce passage chez la célèbre maison au serpent, elle poursuit ses créations audacieuses. Bouches gourmandes, bestiaires colorés, carrés de chocolat croqués… rien n’est tabou dans la haute joaillerie pour l’imaginaire joyeux et truculent de Solange Azagury- Partridge. Outre ses bijoux les plus inventifs et les plus insolites, évoquant tantôt la constellation céleste, tantôt un curieux bestiaire, on songe à Stoned, un parfum qu’elle crée elle-même en 2006 et contenant des grains de poussière de diamant… Nantie de trois boutiques, dont elle a signé le design, à Londres, à New-York et à l’hôtel Costes à Paris, exposée au Musée Albert et Victoria, elle a célébré en 2015 les 20 ans de sa première boutique en lançant la collection Everything, sous-titrée « un peu plus que tout ce que j’ai fait jusqu’à présent ». Soit l’ascension d’une étoile…
2015-2016 award winners

Alberto Nespoli, directeur artistique, Segno Italiano - Talent de l'Empreinte de l'année 2015
SIGNES EXTÉRIEURS DE BON GOÛT
Une contribution au rayonnement international de l’artisanat italien.
Faire rayonner l’artisanat traditionnel italien dans ce qu’il produit de meilleur : tel est le credo d’Alberto Nespoli lorsqu’il fonde Segno Italiano avec son complice Domenico Rocca, en 2011. Un credo qui prend des formes multiples. Outre ses traditionnelles activité d’exportation, Alberto Nespoli construit des projets nommés « Scénario domestique », séries dans lesquelles sont réunis plusieurs produits différents, mais liés par une thématique commune. Par exemple : « Vivere all’Aria Aperta », regroupant, entre autres, des paniers dans la plus pure tradition de Sardaigne, et des hamacs de l’île de Monte Isola, dont le tressage est inspiré des techniques séculaires utilisées par les habitants pour concevoir des filets de pêche. Pour ce faire, s’effectue une sélection rigoureuse de produits authentiques de haute qualité, issus de techniques historiques. L’artisanat d’excellence conserve ainsi toute sa vitalité dans le marché international du design. La décoration d’intérieur sert également de vecteur à l’exportation de l’excellence Made in Italy. Le design du restaurant Refettorio Simplicitas à Salzbourg ? Il est signé par Segno Italiano. Première Vision a choisi de confier à la marque la scénographie de l’édition 2015 de Maisons d’exception. Un choix qui n’a rien de fortuit : Alfredo Nespoli et Domenico Rocca n’ont pas fini de nous montrer que les savoir-faire traditionnels, synonymes d’excellence, ont encore de très beaux jours devant eux.

Gérard Sené, directeur artistique, Gérard Sené - Talent de l'Audace 2015
LE CHIC ROCK’N’ROLL
Tailleur et chausseur des stars.
« Le dernier défenseur du rock’n’roll dans la fringue » : la formule, de l’intéressé lui-même, illustre bien le parcours de cet atypique créateur de mode. Ayant baigné dès l’âge de 15 ans dans l’univers de la mode, Gérard Sené s’inspire, dès ses premières créations, du cinéma et de la musique des années 1940 à 1960. Aussi bien pour les vêtements que pour les chaussures, c’est cet univers qu’il fait revivre. Le modèle de chaussures qu’il conçoit en 1986, est ainsi un hommage à celles que portait Alfred Hitchcock. Qui mieux qu’un créateur inspiré par le rock et le cinéma, pour habiller rockeurs et comédiens ? C’est tout naturellement qu’il devient le tailleur et le chausseur des stars, par exemple du chanteur Eddy Mitchell. Après avoir lancé plusieurs entreprises de prêt-à-porter, et travaillé pour d’autres grands noms du secteur, le styliste fonde, en 1992, la marque qui porte son nom et sa signature. La première boutique ouvre trois ans plus tard près de la Place Vendôme. Dans ce lieu poussant l’esthétique du rock jusqu’à ce juke-box si vintage posé entre les costumes, le rockeur excentrique peut s’y vêtir au même titre que l’homme d’affaire respectable. Chaussures semi-montantes aux lacets jaune vif, ou bien escarpins gothiques noirs ornés d’un pendentif en crâne ? Tout amateur de chic, quel que soit son style, y trouvera chaussure à son pied. Quant aux vêtements, ils vont du classique costume de bureau bleu marine à rayures bleu ciel, au blouson crocodile aux tons argentés. Pas de doute : Gérard Sené aura fait du rock’n’roll un synonyme de chic, et inversement.

Dominique Ropion, parfumeur, IFF - Talent du Bien-Etre 2015
ARCHITECTE DES FRAGRANCES
La liberté et la rigueur dansent ensemble dans l’imagination du parfumeur.
Un poète des parfums ? Un chef d’orchestre des effluves ? Auteur de plus d’une centaine de parfums, Dominique Ropion se décrirait plutôt comme un sculpteur ou un architecte des fragrances, travaillant son matériau avec patience et rigueur pour lui donner contours, volumes et contrastes. Il débute chez Roure, qui lui offre une formation de parfumeur à Grasse. Il fait alors ses armes auprès de célèbres parfumeurs, Bourdon et Sieuzac, avant de proposer son parfum chypré « Ysatis » à Givenchy. Passé successivement chez Florasynth, et chez Dragocco, il intègre, en 2000, l’équipe parfumerie à l’IFF. Son style révèle le souci d’évoquer avec précision le thème qui l’inspire. D’ailleurs, la force d’un parfum ne réside pas pour lui dans sa puissance d’attaque, mais dans la subtilité de ses arômes. Avec « Alien », créé en 2005 pour Thierry Mugler il aborde une création dont l’empreinte marque les esprits. La formule est simple, la construction limpide, l’effet rupturant : une puissante note de jasmin d’Arabie ouvre la création, pour laisser place aux fragrances de bois et d’ambre blanc. Dominique Ropion construit avec le même brio de merveilleux classiques. On songe ainsi à « La nuit de l’homme » pour Yves Saint-Laurent, où la bergamote cède à la lavande poivrée, révélant avec subtilité des notes finales de vétiver et de coumarine. Un Gardénia La Nuit, bougie aux accents de jasmin et tubéreuse narcotiques piqués de notes champignons créée pour Frédéric Malle, est la plus belle reconstitution de cette fleur indomptable en parfumerie. Précision et liberté, goût du risque et de l’expérimentation, voilà ce qui caractérise le travail rigoureux autant qu’aventurier de Dominique Ropion.

Maurizio Riva, propriétaire et Président, RIVA 1920 - Talent de l’Elégance 2015
POUR L’AMOUR DU BOIS
Il explore de nouvelles manières de travailler le bois.
Se souvenir de ce qui fut, témoigner de ce qui est, être précurseur de ce qui sera : tel est le slogan de la marque Riva 1920, avec laquelle Maurizio Riva renomme l’atelier familial fondé en 1920. Diplômé de l’École d’art de Cantù, l’ébéniste a à coeur de mettre en valeur cet héritage. Travail soigneux sur la matière, respect des savoir-faire : telles sont ses valeurs. Ainsi, il n’a de cesse de promouvoir l’artisanat de sa ville et de sa région natale, qu’il représente notamment dans un collectif de 78 entreprises au Salon du meuble de Milan. Plus largement, c’est le travail du bois en général qui intéresse Maurizio Riva. Le showroom Riva 1920 Centre, outre la galerie exposant les pièces de l’entreprise, accueille un « Musée du bois », riche d’une collection de plus de 4000 ustensiles et machines historiques de travail du bois, sans équivalent dans toute l’Italie. Cet amour pour la matière travaillée est également présent dans les créations de l’entreprise ellemême. En témoigne notamment ce fauteuil à coque mettant en valeur les lignes de la pièce de bois dans laquelle la coque a été taillée. L’exploration de nouveaux bois n’est pas en reste. Le projet « Ground Zero » est ainsi composé de cinq tables taillées dans du bois KAURI, arbres datant de la période jurassique enfouis dans le sol néo-zélandais. Ou encore, la conception de produits de design dans d’anciens pilotis en chêne de la lagune de Venise, dont la texture a été rendue unique par l’action des êtres vivants marins… Jusqu’où ira la passion créatrice de Maurizio Riva pour le bois ?

Patrick, Vincent, Pierre et Matthieu Frey, dirigeants , Pierre Frey - Talent de l’Harmonie 2015

LA FIBRE ARTISTIQUE
Un style éclectique qui ose le classicisme autant que la modernité.
Au commencement était Pierre, l’autodidacte, ayant appris le métier sur le tas chez les éditeurs de tissus Burger et Lauer. Il crée la maison de décoration qui porte son nom en 1935, et se taille rapidement une réputation auprès des décorateurs. Car la maison Pierre Frey commande des créations aux artistes et designers les plus connus ; aujourd’hui encore, Olivia Putman, directrice artistique du studio Andrée Putman, la créatrice Inès de la Fressange, ou l’artiste graffeur américain Toxic impriment leur marque parmi les 7000 références du catalogue. L’éclectisme de ce catalogue, entre motifs datant du XVIème siècle et
dessins d’enfant, a fait le prestige de la maison dans le monde entier, sous l’oeil aiguisé de Patrick Frey, le fils de Pierre Frey. Depuis que celui-ci a repris les rênes en 1976, il contrôle personnellement chacun des motifs créés par la maison. Avec deux collections par an – comme une maison de mode – ce sont près de 50 nouvelles créations qui voient le jour chaque année, répondant aux doux noms d’Absinthe ou d’Impatience. Outre les décorateurs comme Jacques Garcia et les hôtels de luxe comme le George V, la maison sert des clients particuliers. Une clientèle internationale, attirée par l’histoire de la maison et l’art de vivre à la française qu’elle véhicule. Cette expansion a été portée par Pierre Frey, le petit-fils du fondateur, qui rejoint la maison en 1999 pour prendre en charge les relations internationales. Il est suivi par son frère Vincent, qui supervise le rachat des marques Boussac et Fadini Borghi en 2004, avant de devenir Directeur Général du groupe en 2011. La même année, le benjamin de la fratrie, Matthieu, rejoint la maison familiale, désormais numéro 1 européen du tissu de décoration de luxe, après une carrière en Asie pour Rémy Cointreau. Sémillante octogénaire, la maison Pierre Frey développe une vision globale de la décoration, avec des meubles et accessoires qui démultiplient ses motifs iconiques, comme cette toile de Jouy revisitée par le Hong-Kongais Chi-Man Pun.

Greg Lambrecht, fondateur et créateur, Coravin - Talent de l'Innovation 2015
BUVEZ À VOLONTÉ !
Une aiguille qui permet de servir du vin sans ouvrir la bouteille.
« Étant jeune, je me suis passionné pour le vin et j’ai constitué une collection personnelle qui a commencé à prendre la poussière lorsque ma femme est tombée enceinte. Je voulais continuer de savourer de bons verres de vin, mais je ne voulais pas avoir à finir la bouteille. » Explique Greg Lambrecht. Une idée simple pour une invention lumineuse. Il faut dire que dans le domaine de l’innovation, Greg Lambrecht n’en est pas à son coup d’essai. Cet ingénieur du MIT licencié en biologie nucléaire possède de nombreux brevets en gynécologie, chirurgie, cardiologie et orthopédie. Cet ancien de Pfizer dirige plusieurs sociétés de matériaux et dispositifs médicaux. Le vin est une passion, à laquelle il va appliquer son esprit d’innovation en inventant Coravin : une aiguille qui permet de servir du vin sans ouvrir la bouteille et donc sans altérer sa conservation. « J’étais un expert en aiguilles. De surcroît, en aiguilles de précision. Ainsi m’est venue l’idée de faire passer une aiguille creuse dans le bouchon sans l’enlever de la bouteille. J’espérais pouvoir ensuite remettre le vin restant dans ma cave et en profiter encore et encore, quand je le souhaiterais. Je suis un fan de science, donc s’en est suivie une décennie de recherche et de développement jusqu’à ce que je parvienne à trouver un système qui permette de laisser le bouchon en place tout en pouvant se servir un verre de vin en rendant impossible de distinguer cette bouteille de celles qui ne sont pas entamées.» Après avoir séduit les américains, ce petit objet pourrait bien reléguer aux oubliettes notre bon vieux tire-bouchon…

Vincent Perriard, directeur général, HYT - Talent de l'Invention 2015
L’ÉCOULEMENT DU TEMPS
HYT, la mécanique des fluides qui révolutionne l’heure.
Repousser les limites du possible : c’est dans l’horlogerie que Vincent Perriard met ce projet en oeuvre. Successivement chargé de marketing chez Audemars Piguet, pour Swatch, puis chez Hamilton, le manager dirige ensuite Concord, puis TechnoMarine. Mais c’est à HYT que son nom est associé. Aujourd’hui directeur général de la petite entreprise neuchâteloise (30 collaborateurs), il porte très haut la dynamique de la marque. Les montres HYT sont des produits haut-de-gamme, destinés aux collectionneurs les plus exigeants et les plus connaisseurs. Surtout, c’est la technologie elle-même qui s’en trouve révolutionnée : le cadran fonctionne par un singulier système hydro-mécanique. Les montres HYT indiquent l’heure par un fluide phosphorescent enfermé dans un tube circulaire et régulé par un ingénieux mécanisme de soufflets. Ainsi, le cadran de la H1 Dracula est en réalité un fluide rouge vif enfermé dans un tube circulaire. Les collections suivantes témoignent d’une perfection technique croissante. Ainsi, les séries limitées de la ligne H2 comprennent un moteur, conçu par Giulio Papi, puissant de huit jours de réserve. Ce n’est pas pour rien si HYT remporte en 2012 le Grand Prix de l’horlogerie de Genève : mêler la mécanique et les fluides, osé, le défi n’en est pas moins relevé. Encore confidentielle, la marque connaît néanmoins une forte croissance : de 250 montres vendues en 2013, HYT est passée à 550 en 2014. Le cadran liquide, une idée d’avenir.

Jean-Malo du Bouëtiz, Cyril Kaleka et Jennifer Midoz, artistes bronziers d'art, Mydriaz Paris - Talent de l'Originalité 2015

TROIS DESIGNERS D’AVANT-GARDE
Des créations d’intérieur futuristes réinventant les codes du design.
Les trois talents se sont bien rencontrés. D’abord, il y a Jean-Malo du Bouëtiez, diplômé des beaux-arts et créatif free-lance en sculpture multimédia. Puis, Cyril Kaleka, graphiste et vidéaste. Enfin, Jennifer Midoz, créatrice free-lance d’objets de luxe. C’est en 2011 qu’ensemble, ils lancent Mydriaz. Leur but ? Proposer des objets d’intérieur en métal : argent, bronze, cuivre ou encore laiton. Mais pas seulement : la qualité est de mise, puisque l’atelier, installé à Paris, contrôle l’ensemble du processus de fabrication de l’objet. Enfin, Mydriaz ambitionne de renouveler les codes du design en instaurant un dialogue entre arts plastiques et appliqués, avec une étonnante réflexion sur l’espace ou le temps, et un souci d’élégance et de légèreté. Pensons notamment au lustre « Au vieux colombier », qui orne le plafond du café parisien du même nom. La pièce, composée d’une ligne en laiton poli, se manifeste sous la forme d’une ligne de lumière brisée, comme en apesanteur sur toute la longueur du bar au-dessus duquel elle est suspendue. Résolument futuriste, la création rend un hommage paradoxal au plafond ancien sur lequel elle est fixée. La singularité de l’atelier lui a valu une reconnaissance certaine : titulaire, entre autres, du Prix de la fondation Ernst and Young, et du prix de la création de la Ville de Paris, Mydriaz fait en 2014 son entrée au Palais de Tokyo, à l’exposition Period Room. En conjuguant savoir-faire et imaginaire contemporain, Mydriaz ressuscite le travail du bronzier d’art.

Sara Bran, dentellière sur or - Talent de la Rareté 2015

LE CHANT DE L’OR
Le métal se fait dentelle sous ses doigts de fée.
Sara Bran aime son métier. Mieux, elle l’a inventé. « Dentellière sur or », c’est ainsi qu’elle définit cet ouvrage de précision consistant à recréer la légèreté de la dentelle sur du métal précieux. Pour cela, nul besoin de fils, d’entrelacs ou de noeuds : elle s’arme de pointes pour dessiner, de mèches pour percer et surtout de lames de scie pour ajourer. La signature de Sara Bran ? Procéder par le vide. La dentellière supprime peu à peu la matière jusqu’à arriver à une « dentelle sculptée », aussi fine qu’un très mince fil. Le bijou est toujours mis en scène : en tant que parure, le collier, le bracelet ou la manchette doivent faire chanter la lumière à travers la courbe, le reflet et la légèreté de la dentelle. Elle s’inspire pour cela de motifs dentelliers qu’elle a pris le temps de collecter dans les musées les plus prestigieux, à Calais ou au Portugal. Le travail de Sara Bran a retenu l’attention de plusieurs maisons, notamment Guerlain, qui lui a confié en 2013 une vingtaine de pièces vintage en cristal Baccarat à orner de dentelles sur or et argent. Le résultat est à la fois coquet, raffiné et féérique : les lettres s’entrelacent subtilement autour de ce mythique flacon et épousent son élégante silhouette pour former les mots « La Petite Robe Noire ». En 2014, la marque d’ordinateurs de luxe Cottin lui confie la réalisation d’une pièce de collection, l’ordinateur Shamsah Troisors, qui lui prendra 230 heures de travail. Les trésors d’orfèvrerie de Sara Bran sont un langage artistique à part entière, qui révèlent par leur beauté l’essence même de la dentelle.

Patricia Racine, directrice artistique, Robert Four - Talent de la Rareté 2015 - ex aequo
L’ENVOL DES TAPIS
L’entrée des tapisseries d’Aubusson dans le 21e siècle.
Une haute idée de la tapisserie : voilà ce qui expliquer l’ambition de Patricia Racine à redonner lustre à ce savoir-faire inestimable. Après avoir travaillé pour plusieurs grands noms de la haute couture (Kenzo-LVMH, Tai Ping), elle lance en 2010 les Manufactures, reprenant notamment celle de Moroges, qui fabrique des tapis selon des techniques traditionnelles. Les produits de l’entreprise font l’objet d’une exposition à l’hôtel de l’Industrie, en marge de la FIAC, en partenariat avec les créateurs les plus innovants. Réintroduire ces artisanats ancestraux dans le monde contemporain du design et de la décoration, voilà son objectif. En 2013, c’est avec cette même idée qu’elle prend part à la direction artistique des ateliers Robert Four, créés en 1958 à Aubusson. Elle souhaite remettre en valeur cette maison familiale, en prouvant que ce savoir-faire (classé patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco) a toute sa place dans la création contemporaine. Tout en perpétuant les gestes ancestraux – comme le point noué français – la maison Robert Four collabore avec des designers d’exception comme Pierre Yvanovitch ou Mathias Kiss, créateur de la Tapisserie Sky Window exposée aux Art Basel en 2013. La clientèle la plus prestigieuse ne s’y trompe pas : Robert Four fournit ainsi la tapisserie des Hôtels Lutetia ou Le Crillon. Redonner à la tapisserie d’excellence la notoriété qu’elle mérite en notre siècle : défi pleinement relevé par Patricia Racine.

Hubert de Malherbe, président et directeur artistique, Malherbe Design - Talent de la Séduction 2015
LE THÉÂTRE DES RENCONTRES
Malherbe Design : l’agence de création qui réinvente les lieux de vie, de commerce, de rencontre.
Les points de vente Dior, avec leurs élégantes tables noires, surmontées de présentoirs lumineux mettant en valeur l’identité des parfums… sont signés Hubert de Malherbe. Le designer et architecte d’intérieur a à coeur de faire vivre des lieux où l’on commerce, où l’on se rencontre, pour les mettre pleinement en valeur. Après une enfance à Versailles, où il passe le plus clair de son temps à créer (dessin, sculpture, ou peinture), il étudie à l’École Nationale supérieure des Arts et Métiers (ENSAM), avant de fonder Malherbe Design en 1993. L’agence se spécialise alors dans le design et l’architecture d’intérieur de commerces : dès son ouverture, elle compte déjà Paco Rabanne parmi ses premiers clients. Aujourd’hui forte de 200 créateurs aussi bien en Europe qu’en Asie, l’entreprise Malherbe Design a réalisé plus de 1000 points de vente. Citons notamment les boutiques dessinées pour Fred joaillier. Le résultat ? Un reflet nacré de la lumière sur les murs, un traitement original des huisseries. Les éléments en métal y passent par une étape de nickelage rosé mise au point spécialement pour la marque. Ce raffinement novateur ne va pas sans une touche de fantaisie : en témoigne notamment le salon surréaliste conçu pour l’exposition AD Intérieurs 2013, où trône un gigantesque canapé bleu clair entièrement gonflable. Des projets ? Le mall Vendôme, qui doit bientôt voir le jour à Dubaï… Un nouveau théâtre d’une créativité ayant le bon goût pour seule limite.

Alessandro Bastagli, Président, Lineapiù Italia - Talent du Management 2015
SUR LE FIL DE L’EMOTION
Le chef d’orchestre d’un concert de fils et d’étoffes.
Made in Italy. Alessandro Bastagli a dévoué sa vie aux étoffes et cuirs italiens. Il commence sa carrière dans le secteur de la maroquinerie. En 1978, Alessandro Bastagli fonde A.Moda, spécialisée dans l’import, la distribution et les licences de mode, qu’il gère encore aujourd’hui. A la même époque, il rencontre Gianni Versace, qui n’était pas encore devenu célèbre, et obtient de distribuer ses produits en Asie. Il sera l’artisan du développement de Versace. Serial entrepreneur à qui tout réussit, Alessandro Bastagli est de ceux qui voient dans chaque difficulté une opportunité et non une menace. En 2010, Giuliano Coppini, fondateur de Lineapiù, entreprise familiale de fabrication de fils d’exception, se trouve en difficulté et appelle Bastagli, un ami et client de longue date à la rescousse. Si le monde de la matière première n’est pas celui de la distribution, la seule chose qui fait hésiter un instant Alessandro Bastagli, est le risque qu’il fait porter sur ses enfants en acceptant de miser tout son patrimoine. Pourtant, à l’aube de la retraite, il se lance dans cette nouvelle aventure et reprend l’entreprise, qu’il arrive à redresser en trois ans, redonnant confiance aux fournisseurs comme aux clients : Chanel ou Dior pour lesquels Lineapiù fait 4 à 6 collections personnalisées par an, quand il propose un immense catalogue aux plus grandes maisons. Grâce à son action, Lineapiù redevient le leader mondial du fil à tricoter. Comment a-t-il réussi ce défi ? En rationnalisant les collections et la distribution qui s’étaient diluées, en se concentrant sur la valeur ajoutée de Lineapiù : des savoir-faire d’exception et une innovation sans cesse renouvelée. Rationalité et émotion, chacune à sa juste place, voilà le secret du succès d’Alessandro Bastagli, un « simple chef d’orchestre » comme il aime à le rappeler, tant il sait qu’il ne savait rien du fil, sinon sa beauté, lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure Lineapiù.

Nicoletta Caraceni, tailleur, Sartoria Ferdinando Caraceni - Prix de l'Entreprise des Métiers d'Art 2015
UN COSTUME NOMMÉ DÉSIR
Elle perpétue les traditions des ateliers Caraceni avec fierté et rigueur.
L’aventure commence en 1967, lorsque Ferdinando Caraceni fonde la Sartoria Ferdinando Caraceni, avec pour ambition de tailler des vêtements au savoir-faire exceptionnel savoir-faire. Ses costumes, entièrement fabriqués à la main, témoignent d’une qualité reconnue par les plus prestigieux clients, comme Sadruddin Aga Khan. C’est forte de cet héritage que sa fille, Nicoletta Caraceni reprend le flambeau, après avoir travaillé près de vingt ans pour son père. Elle s’attache à perpétuer le prestige de la maison Caraceni avec la plus grande fierté. Entièrement taillée à la main, chaque pièce d’un costume Caraceni est produite avec un maximum de soin et d’attention, sans recours à aucune machine ou ordinateur. De la conception à l’exécution, les techniques sont celles utilisées depuis les années 1940, témoins d’un savoir-faire à l’efficacité éprouvée. Quant aux matériaux, ils ne sont pas choisis au hasard : tissu anglais, cachemire écossais, lin irlandais, tout est pensé pour disposer du meilleur de ce qu’offre le marché mondial. Les procédés ? Prendre les mesures du commanditaire, qui seront converties en patron spécifiquement dessiné pour le porteur du costume, et disponible en cas de nouvelle commande. Selon la tailleuse, chaque vêtement né dans ses ateliers doit être désiré avant d’être porté, au même titre qu’un grand vin doit être laissé à maturation avant d’être dégusté. Nicoletta Caraceni n’est pas seulement la gardienne farouche des traditions. La clientèle toujours plus internationale, qu’elle a contribué à développer, montre que la relève est prête à projeter cet héritage dans le 21ème Siècle.

Peter & Aletta Stats, cofondateurs, Frédérique Constant - Prix Lalique 2015
L’HORLOGERIE À CŒUR OUVERT
Le mariage des complications horlogères et de la high-tech.
Peter Stas et son épouse Aletta Bax ont toujours partagé une même passion pour l’horlogerie suisse, au point de consacrer leur temps libre à dessiner des montres. En 1992, convaincus qu’il existe un réel potentiel pour une montre suisse de fabrication artisanale mais d’un prix accessible, ils présentent un premier modèle à la foire de Hong Kong. A leur grande surprise, un acheteur japonais passe une commande pour 350 montres. Leur marque Frédérique Constant, fondée en 1988, connaît dès lors une croissance fulgurante, portée notamment par le succès du modèle Heart Beat. Introduit en 1994, celui-ci magnifie la richesse technique des montres mécaniques suisses au moyen d’une fenêtre au niveau de la roue du balancier, une innovation radicale pour l’époque qui a été largement reprise depuis. Portant l’exigence technique au plus haut niveau, Frédérique Constant entre dans le cercle fermé des horlogers suisses fabriquant leurs propres calibres ; la marque fait également partie des précurseurs dans l’utilisation du silicium, un matériau plus fiable et moins consommateur d’énergie car ne nécessitant pas de lubrifiant. En 2015, en partenariat avec une entreprise de la Silicon Valley, la marque introduit sa « Smartwatch horlogère », qui se connecte au smartphone de son propriétaire mais avec un cadran à aiguilles classique. Alliant le meilleur des deux mondes, cette montre permet de mesurer le niveau d’activité et la qualité du sommeil de celui qui la porte sans dépareiller une tenue élégante. Détentrice de cinq brevets horlogers, la marque n’est pas près d’arrêter d’innover.

Jean-Charles de Castelbajac, artiste créateur - Prix spécial du Jury 2015
L’ANGE CRÉATEUR
Créateur polymorphe, Jean-Charles de Castelbajac passe avec aisance et malice d’un support à l’autre, sans cesser de surprendre par ses références décalées et son univers coloré.
Une enfance passée chez les frères oratoriens puis en pensionnat militaire aiguise au lieu de l’étouffer sa créativité naissante, et à 17 ans il lance sa première ligne de prêt-à-porter tout en étudiant à l’école des beaux-arts. D’une couverture de pensionnaire, il fait sa première veste, qui se retrouvera sur les épaules de John Lennon. Mai 68 vient de marquer une génération, et avec ses créations ludiques comme un poncho à deux places, créateur rencontre rapidement un succès qui ne se démentira plus. Dès 1979, il devient membre de la Chambre syndicale de la haute couture. Son prêt-à-porter audacieux bouscule et réinvente les conventions de la mode : après la robe questionnaire de Proust au début des années 1980, il imagine en 1989 un manteau en ours en peluche, l’iconique Teddy Bear. Bleu, jaune, rouge, vert : ces couleurs vives constituent la grammaire du créateur, qui les décline d’une manière chaque fois différente mais toujours immédiatement reconnaissable, au fil notamment de ses nombreuses collaborations avec des marques comme Martell ou Weston. Défiant toute catégorisation, l’insatiable Jean-Charles de Castelbajac collabore également avec des artistes tels que Loulou Picasso, Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat. Il signe dès le début des années 1980 un premier parfum, intitulé Première¸ qui sera suivi de plusieurs autres durant sa carrière. En 1997, après un bref passage chez Courrèges, où il réalise deux collections, le créateur est à nouveau là où on ne l’attend pas : il dessine les vêtements liturgiques des Journées Mondiales de la Jeunesse, de la tenue du Pape Jean-Paul II à celle des 5000 participants, avec un motif arc-en-ciel fidèle à son univers créatif. En 2015, le créateur signe une collection capsule pour la marque de vêtements Petit Bateau. Pour ce roi du détournement poétique, ce « designer artiste » en perpétuel renouveau, amoureux de la couleur, revisiter le vestiaire de Petit Bateau et ses codes marins est une vraie récréation. Entre ses mains, les pièces emblématiques de la marque se transforment et prennent une nouvelle dimension poétique et pop. L’été dernier, c’est l’aéroport d’Orly qui a fait appel à lui pour réaliser une fresque murale de 200 mètres de long, une nouvelle invitation à voyager dans l’univers joyeux et sans limite du créateur. Bienvenue dans la « Happyculture ».

Jean-François Piège, Chef, Clover, Le Grand Restaurant - Talent d'Or 2015
L’ART DE MANGER
Aller au restaurant, c’est autant ce que l’on mange, ce que l’on voit, ce que l’on ressent : c’est ainsi que Jean-François Piège conçoit les arts de la table.
Son parcours ? Après avoir travaillé sous la direction de Bruno Cirino au Château Eza, il devient en 1990 chef de partie au Crillon, avant de faire un passage par les cuisines de l’Elysée. Jean-François Piège a collaboré avec les plus grands chefs comme Alain Ducasse, aux côtés duquel il travaille pendant douze ans, d’abord au Louis XV à Monaco puis au Plaza Athénée. Alors qu’il est chef exécutif de ce dernier, le restaurant reçoit en 2001 trois étoiles au Guide Michelin. En 2004, il prend la direction du restaurant Les Ambassadeurs au Crillon et la même année le Gault & Millau le nomme « chef de l’année ». En 2011, à peine un an après l’ouverture du restaurant Jean-François Piège, il est déjà honoré de deux étoiles. En 2014, il est nommé vice-président de l’association des Grandes Tables du Monde et ouvre la même année avec son épouse le restaurant Clover. La nouvelle table du chef est une adresse très personnelle en plein cœur de Saint-Germain-des-Près qui propose des plats de l’instant, une véritable cuisine du jour et spontanée. Mais en 2015, s’écrit une nouvelle page de son histoire, avec l’ouverture du Jean-François Piège / Le Grand Restaurant. L’endroit lui-même est exceptionnel : conçue par la designer islandaise Gulla Jónsdóttir, une verrière surplombe la salle à manger de 25 couverts aux murs de bois clair. C’est dans ce restaurant que le chef multi-étoilé développe une cuisine d’auteur, faisant de l’aliment le vecteur d’émotions sensorielles insoupçonnées. Citons par exemple les « Mijotés modernes » : au rebours d’une tendance aux produits crus, notre chef s’efforce d’imaginer la durée de cuisson qui magnifie les arômes et la noblesse de l’ingrédient. « Le plus grand luxe dans la cuisine gastronomique, c’est le temps », souligne le chef. Viandes et poissons se retrouvent ainsi enrobés dans un environnement humide apporté par un élément végétal qui en torréfie la saveur. Le résultat ? Un savoureux mélange d’où naît le goût. Ainsi, la côte de veau servie au Grand Restaurant est cuite sur des coquilles de noix qui l’embaument et la subliment, et s’accompagne de cèpes rôtis déglacés dans une « eau de noix ». Une véritable oeuvre culinaire signée Jean-François Piège, auteur d’un nouvel art de manger.
2014 award winners

Jean-Pierre Cottet-Dubreuil, orfèvre, Richard Orfèvre - Talent de l'Audace 2014
TRAVAIL D’ORFÈVRE
Son argenterie sur-mesure magnifie les plus belles tables françaises et étrangères.
Depuis plus d’un siècle, les ateliers Richard Orfèvre résonnent de la frappe du marteau de forge. Cinq générations se sont succédées dans les ateliers créés en 1910 par la famille Ricard-Richard. En 2012, Jean-Pierre Cottet prend les rênes de cette boutique séculaire après y avoir travaillé dix ans. Métamorphoser un lingot d’argent massif en couverts d’exception, sublimer les tables françaises et étrangères, offrir un ouvrage d’orfèvrerie sur-mesure : ce sont là tous les impératifs de la maison que son directeur et gardien perpétue. Il faut dire que Richard Orfèvre est aujourd’hui l’un des derniers établissements à réaliser de l’argenterie à la main. En 2011, la maison fête ses cent ans et invite Serge Bensimon, les 5.5 Designers ou encore Non Sans Raison à revisiter les couverts en argent. Ces trésors de savoir-faire donnent aussi naissance à des pièces originales, sur commande. La collection « Versailles », de l’été 2014 en témoigne avec son candélabre à quatre feux, aux courbes asymétriques de style Rocaille. La base du candélabre, d’inspiration Grand Siècle, est dotée d’un entrelacs de courbes et de nervures argentées qui mêle sophistication et raffinement. Des lignes plus contemporaines ont été imaginées en collaboration avec Ruth Gurvich pour la collection « Ceremonia », la même année : conçus à partir d’une feuille en argent mat, les couverts laissent filtrer la lumière grâce à une géométrie singulière. A l’avant-garde de l’art de la table, Jean-Pierre Cottet offre à sa clientèle une argenterie étincelante et sur-mesure, émanant d’un atelier au patrimoine d’exception.

Mark Buxton, parfumeur - Talent du Bien-Etre 2014
UN PARFUM DE CINÉMA
Avec ses formules courtes et efficaces, il enferme la sensualité dans un flacon.
Quand l’anglais Mark Buxton n’avait que 20 ans, un ami le met au défi de participer à une émission de télévision allemande, « Wetten, dass… ? » (Je parie que). Il clame alors haut et fort qu’il est capable de reconnaître tous les parfums du monde. Bien sûr, il perd son pari, mais là n’est pas le plus important car le célèbre fabricant de fragrances Haarman & Reimer, qui deviendra plus tard Symrise, décide de lui donner sa chance. Il se lance ainsi éperdument dans un domaine auquel il ne connaissait rien : la parfumerie. Il poursuit à Paris une formation de trois ans durant laquelle il tombe amoureux des fragrances et de leur composition. Pour lui, le parfum est une affaire de cuisine. Il aime d’ailleurs à se remémorer les odeurs du restaurant familial qui, des années plus tard, lui inspirent des notes épicées pour ses parfums. Pendant près de sept ans, il fait le succès de Haarmann & Reimer avec ses premiers jus tels que Laguna pour Dali ou encore Anthracite pour Jacomo. La série Comme des Garçons pour Puig entamée en 1994 fait la célébrité du parfumeur. En 2011, il décide de créer ses propres collections. Son style ? Une vision des fragrances qui est à la fois minimaliste et concise. En 2014, les créations olfactives de Mark Buxton sentent un parfum de cinéma : en collaboration avec le concept store Nose, il élabore les accords et les notes d’une eau de Cologne, L’air de Panache, spécialement commandée par la production du film de Wes Anderson, « The Grand Budapest Hotel ».

Sylvain Le Guen, éventailliste - Talent de l’Élégance 2014
CHORÉGRAPHIE DU GESTE
Éventailliste du XXIème siècle, il met ses recherches sur les matériaux au service de sa créativité.
Lorsqu’il a conçu son premier éventail à l’âge de dix ans, Sylvain Le Guen se doutait-il du brillant parcours qui l’attendait ? Depuis lors, il est vrai que Sylvain Le Guen ne s’est pas contenté de fabriquer des éventails : il en a activement réinventé les codes. Conscient du prestige qu’inspire cet objet, il y voit le témoin de l’histoire de l’Humanité, qu’il accompagne les déplacements d’un pharaon ou souligne l’élégance d’une Marie-Antoinette. Riche de cette tradition millénaire, Sylvain Le Guen entend bien honorer la créativité du passé tout en l’enrichissant d’émotions modernes. Il est ainsi l’inventeur de nouveaux procédés tels que le « sabré de paon », qui donne un rendu velours surprenant grâce à une étude sur la structure des plumes et sur les procédés d’assemblage. Fasciné par l’espace et les volumes, il a également conçu l’éventail pop-up, qui s’ouvre comme les ailes d’un frêle papillon déployées en trois dimensions. Sa créativité est riche de mariages inédits, associant par exemple la nacre avec l’ébène sur l’éventail « Constellation », qui évoque une antique carte du ciel trouvée dans un mystérieux tombeau égyptien. Après une exposition consacrée à son oeuvre au Fan Museum de Londres en 2011, Sylvain Le Guen ouvre son propre showroom à Paris en 2013. Fort d’un tel succès, son parcours semble comparable à un éventail auquel chaque déploiement de baleine donne un lustre nouveau : il y a fort à parier que cet éventail n’est pas entièrement déployé et nous réserve encore de magnifiques surprises.

Jean-Marc Wiederrecht, horloger, concepteur, Agenhor - Talent de l’Harmonie 2014
LES HEURES JOYEUSES
Ses complications traduisent poésie et grâce en mécanique horlogère.
A travers sa société Agenhor créée en 1996, l’horloger Jean-Marc Wiederrecht met son imagination au service de la beauté et de l’émotion, notamment pour la collection « Complications poétiques » de Van Cleef & Arpels. Il imagine ainsi la montre « le Pont des amoureux » qui allie charme et équation romantique du temps : les aiguilles du cadran bleu nuit sont incarnées par un homme dont le parapluie indique les minutes, et une femme dont l’ombrelle indique l’heure. Ils sont séparés par le temps qui passe mais finissent par se rejoindre amoureusement à minuit et à midi. Derrière la poésie, une prouesse technologique qui fait l’admiration des hommes de l’art. Cette alliance de la technologie et de l’esthétique est la marque de fabrique de Jean-Marc Wiederrecht. Horloger concepteur, il est passionné par le geste juste, précis. Dès 1988, il s’était ainsi fait connaître en participant à la conception du premier module de calendrier perpétuel bi-rétrograde pour Harry Winston. Plus récemment mais toujours pour la marque de joaillerie américaine, L’Opus 9 que Jean-Marc Wiederrecht a signé en 2009 fascine par la pureté de ses lignes à laquelle répond une mécanique privée de tout artifice. Limitée à cent exemplaires, la montre sans aiguilles est composée de diamants montés sur une chaîne couplée au calibre mécanique à remontage automatique. Des grenats mandarins, orange vif, coulissent le long de la chaîne pour indiquer les heures et les minutes. C’est l’acte même de lire l’heure qui se trouve ainsi réinventé avec grâce.

Eugeni Quitllet, designer - Talent de l'Innovation 2014 - ex-æquo

IMPOSSIBLE DESIGN
Entre dessin, sculpture et archéologie contemporaine, un design du grand écart.
« L’utopie est une brume d’où émergent des idées réalisables », se plaît à répéter Eugeni Quitllet. Après des études à l’Ibiza Art School et à la Llotja de Barcelone, le jeune designer catalan entame en 2001 sa collaboration avec Philippe Starck. Eugeni Quitllet est d’ailleurs le seul designer avec qui ce dernier co-signe des créations. Les créations du duo manifestent un design humain et innovant : la Magic Hole Chair, qui crée l’événement au salon du meuble de Milan avec ses deux niches de rangement, ou encore le fauteuil Mr Impossible pour Kartell, qui unit pour la première fois sans colle deux coques de polycarbonate. Mais Eugeni Quitllet sait également voler en solo, comme en témoigne son travail pour Air France en 2013, quand il donne une nouvelle âme à la vaisselle des plateaux-repas sur les vols long-courriers. Celui qui pense sans cesse à l’avenir a réussi à réduire d’un tiers le poids de la vaisselle sans sacrifier à l’élégance et à l’ergonomie.

François Thibault, maître de Chai - Talent de l'Innovation 2014 - ex-æquo

UNE VODKA DE HAUT VOL
Il règne en maître sur les caves de Grey Goose, première vodka à faire appel à un maître de chai.
Peut-on créer une vodka en s’appuyant sur l’oenologie ? François Thibault vous répondrait que oui. La Grey Goose est en effet la seule vodka au monde à faire appel à un Maître de Chai. Fils de vigneron ayant étudié l’oenologie au coeur des vignobles bordelais, François Thibault a débuté sa carrière en 1982 auprès de la maison H. Mounier, avant de devenir Maître de Chai en 1992. En 1997 quand l’exportateur américain d’armagnac Sydney Frank lui propose de créer une vodka hors du commun et 100 % française, le Maître de Chai se met au travail avec enthousiasme. Il sélectionne les meilleurs ingrédients et s’assure de la parfaite exécution de chaque étape. Ni russe ni polonais, l’alcool est élaboré en plein coeur du pays Charentais avec du blé tendre venu de Picardie et de l’eau de source de Gensac qui lui donnent toute sa distinction. Grey Goose s’impose désormais parmi les références du secteur : en 2004, l’année de son intégration au groupe Bacardi, elle était la première marque de vodka aux Etats-Unis en volumes de vente. Avec François Thibault, la Grey Goose n’a pas seulement pris son envol, elle est devenue une référence mondiale.

Marie Beltrami, designer - Talent de l'Invention 2014

PINK LADY
Cette créatrice aux cheveux roses embellit le monde de ses fantasques trouvailles.
Tour à tour créatrice de mode, styliste, plasticienne, designer et photographe, l’insolite Marie Beltrami a plus d’une corde à son arc. Cette artiste multifacette au regard décalé prend un malin plaisir à tourner en dérision les objets simples du quotidien. Une broche en or aux yeux d’émeraude en forme de homard et nommée « Victor », des colliers faits de noix, de crabes et de langoustes, en passant par un moule à gâteau en guise de chapeau pour Inès de la Fressange : Marie Beltrami ne s’interdit rien. Tout est source d’inspiration, pour le plus grand bonheur des créateurs ou designers : Philippe Starck, Richard Avedon ou encore Paloma Picasso reconnaissent son talent et sa créativité. Sa rencontre avec Jean-Paul Goude à la fin des années 1980 signe un véritable tournant dans sa carrière. Durant deux décennies, Marie Beltrami l’accompagne dans la réalisation de ses publicités les plus mythiques, notamment Égoïste de Chanel – on se souvient de toutes ces femmes amères, criant depuis leurs balcons… De Paris à New-York, ses créations gagnent en notoriété et se diversifient. En 2013, elle explore le monde de la correspondance en adressant 300 enveloppes à des célébrités, telles que la reine d’Angleterre ou Jim Morrisson, actuelles, mais aussi passées ou imaginaires. Chaque timbre factice est à son effigie. Séduit par ce projet, Louis Vuitton décide d’exposer cette étonnante création dans son cabinet d’écriture à Saint-Germain des prés. Dans tous les cas, « malgré de trompeuses apparences, il n’y a que ses lettres qui sont timbrées » conclut Philippe Starck.

Fabio Salini, joaillier - Talent de l'Originalité 2014

JOAILLIER DE TOUS LES DANGERS
Il ose les alliances improbables de matériaux pour une joaillerie conceptuelle et renouvelée.
Galuchats, saphirs, os, cuirs, soie, ébène et or s’entrechoquent et s’entremêlent dans les créations du joaillier italien Fabio Salini. Après avoir fait ses armes auprès des plus grands, Cartier tout d’abord puis Bulgari, il ouvre en 2004 son propre atelier au coeur du quartier historique de sa ville natale, Rome, non loin de la place Farnese. Son credo ? Aller toujours plus loin, oser réinventer la joaillerie, avec des recherches conceptuelles sur les matières et les formes qui évoquent la démarche expérimentale de l’art contemporain. En 2014, Fabio Salini fait la rencontre des Brésiliens Fernando et Humberto Campana : la collection « The Dangerous Luxury » prend vie. Quand la culture décorative brésilienne s’associe au raffinement de la haute joaillerie italienne, le résultat est bluffant : or rose et diamants bruns s’allient avec le bambou et la paille brésilienne « Capim Dourado », ou « or végétal », pour orner colliers, bracelets et boucles d’oreilles. Le défi essentiel a été de respecter la nature fragile de ces éléments pour les incruster de métaux précieux. Le collier « Dangerous » exprime tout l’esthétisme sauvage de brins de Capim Dourado tout en soulignant les sages fils d’or et de diamants qui le composent. Si Fabio Salini ose tout, c’est parce qu’il enchante les matériaux, saisit la quintessence des pierres et sait créer des objets de désir intemporel.

Ollivier Henry, costumier-brodeur - Talent de la Rareté 2014
AU FIL DES SIÈCLES
Sous ses mains expertes, les arabesques de rubans et de tissus virevoltent à travers les époques.
Dans une demeure parisienne, à l’architecture coquette du XVIIIème siècle vit un homme discret. Penché sur sa table de travail, minutieux et appliqué, Ollivier Henry est un brodeur d’art. Initié depuis sa plus tendre enfance aux savoir-faire du crochet et de la broderie, il obtient son diplôme auprès de la prestigieuse école uperré et travaille très vite pour la Comédie Française. Il crée en 1988 ses premiers costumes pour « L’or du Rhin » de Wagner à l’occasion des Chorégies d’Orange. Il confectionne aussi des costumes pour le cinéma et habille Gérard Depardieu pour le film Vatel, sorti en 1999. S’il s’adapte aisément aux exigences des rôles et à la silhouette des cantatrices qu’il habille, c’est parce que son travail navigue entre les différentes périodes de l’histoire. Des patrons aux ornements tels que cols et manchettes, du travail décoratif de broderie aux mannequins, Ollivier Henry effectue à la main toutes les étapes de la fabrication de costumes. 6 à 8 mois de travail sont ainsi nécessaires à la confection d’une seule et même pièce de broderie. Cousus de fils d’or et d’argent, conçus et coupés, les tissus sont ensuite savamment brodés pour draper des silhouettes échappées d’un autre temps. Parallèlement à ses réalisations, ce passionné d’histoire du costume lègue son expérience et transmet son érudition à de jeunes apprentis et étudiants de la prestigieuse Paris American Academy ou de l’Ecole Duperré. L’aiguille d’Ollivier Henry n’a donc pas fini de ressusciter un passé éblouissant.

Tristan Auer, Architecte d'intérieur - Talent de la Séduction 2014 ex-æquo
INTÉRIEURS SUR-MESURE
Cet ensemblier des temps modernes navigue avec raffinement entre les styles et les époques.
Travaillant à la manière des ensembliers des années 20, l’architecte d’intérieur Tristan Auer jongle entre les époques, et ose les assemblages éclectiques qui font mouche. Diplômé de l’ESAG Penninghen en 1996, il fait ses armes auprès de Christian Liaigre et Philippe Starck. Nouveau classique, il refuse les effets de manche du tout design, pour des compositions élégantes et raffinées qui font le bonheur des grandes marques. Dès la fondation de son bureau de création, Izeu, en 2002, il est notamment appelé à décorer le show-room de Chanel et les appartements de Coco Chanel rue Cambon, et en 2004, c’est Nina Ricci qui lui confie la décoration de son show-room. Plus récemment, en 2012, il a réalisé le stand de Cartier pour la Biennale des antiquaires, un écrin de 250m2 tout en boiseries géométriques aux lignes épurées. Celui qui a été sacré par le magazine Architectural Digest l’un des « dix meilleurs architectes d’intérieur contemporains, stars de demain » ne dédaigne pas pour autant les espaces à vivre. Sa préoccupation constante est d’être à l’écoute de ses clients. Un souci de l’humain également à l’oeuvre dans son travail pour les hôtels : il travaille ainsi actuellement à redécorer le Crillon à Paris. Rendez-vous en 2015 pour découvrir le résultat, dont personne ne doute qu’il sera tout à l’honneur de Tristan Auer.

Pier Luigi Ghianda, Ébéniste - Talent de la Rareté 2014 - ex æquo
POÈTE DU BOIS
L’intensité d’un cyprès, la force de l’ébène, ou le grain de l’orme sont magnifiés par son talent.
Au coeur de la jungle amazonienne du Mato Grosso, il existe une variété de bois d’une extrême rareté, dont peu de gens à ce jour ont pu admirer l’incroyable couleur pourpre. Pier Luigi Ghianda, ébéniste italien de renom a eu cette chance. Depuis qu’il a pris les commandes de l’atelier Ghianda dans les années 1950, Pier Luigi Ghianda a écrit certaines des plus belles pages de l’histoire du design milanais. En 1976, il conçoit la table « Kyoto » pour Gianfranco Frattini, un assemblage de 1764 pièces à queue d’aronde. Ce procédé, qui est la marque de fabrique des ateliers Ghianda, fait toute la différence : ne pas recourir aux clous, c’est d’abord ne pas nuire à la haute qualité ainsi qu’à la nature profonde du bois. Nombre de ses oeuvres jouent des illusions d’optique et fascinent par les jeux d’asymétrie et d’équilibre. Dans les années 1980, il fait la conquête des musées, comme le célèbre MoMa de New-York pour qui il compose d’élégantes charpentes en bois massif. Pier Luigi Ghianda a travaillé avec les plus grands noms du design international. En 1986 débute sa collaboration avec Hermès pour qui il réalise des meubles sur mesure. Il traite le bois comme un métal précieux qui nécessite patience, douceur et excellence dans l’exécution. Au fond, exprimer l’intensité, la puissance et la valeur infinie d’un bois, voilà toute la grammaire que compose chaque jour Pier Luigi Ghianda.

Armner Petrossian, Président-directeur général - Talent du Management 2014

“TERRIBLE’’ ARMEN
D’un met rare, il a su faire un produit iconique.
Avec son noeud papillon impeccablement noué autour du cou, ses élégantes moustaches Belle Epoque et bien sûr son palais raffiné, Armen Petrossian est une figure incontournable de la haute gastronomie. Depuis qu’il a repris le flambeau familial, ce magnat du caviar poursuit la quête exigeante des deux frères fondateurs ayant installé leur boutique à Paris en 1920. Toujours à la recherche de nouvelles saveurs, Armen Petrossian s’enorgueillit d’avoir implanté le caviar en France, et cultive l’art du raffinage en allant choisir lui-même des fermes d’élevage d’esturgeons dans le monde entier. De New-York, où il ouvre un restaurant dès 1984, à sa boutique de Dubaï ouverte en 2012, en passant par le restaurant gastronomique ouvert à Paris en 1999, rien ne lui échappe. Attentif à la brillance de l’oeuf qui doit « capter la lumière comme un diamant avec ses facettes », Armen Petrossian ne néglige aucun détail. Celui qu’on surnomme volontiers le « roi du caviar » crée sans cesse l’événement : en 2013, à la manière des Matriochkas russes, il imagine une trilogie de boîtes contenant 2.5, 5 et 10 kg de caviar ! Il sait bien qu’il faut réactiver le désir de sa clientèle autour de sa marque et faire du mot « Petrossian » un synonyme de fête et de met d’exception. Il imagine des recettes originales aux noms ludiques, tels que le « papierusse » qui présente en 2012 le caviar sous forme de fines feuilles… Les déclinaisons sont plurielles et Armen Petrossian partage aujourd’hui sa passion et son aventure avec ses deux fils. Il souhaite leur léguer un patrimoine de culture, une maison intemporelle, un refuge pour l’excellence.

Andrea et Giuseppe Santoni, dirigeants, Santoni - Prix de l'Entreprise des Métiers d'Art 2014
LES MARCHES DU SUCCÈS
L’exigence et la passion d’une famille ont fait de la chaussure un emblème de l’élégance à l’italienne.
Originaire de Macerata, bastion historique de la chaussure masculine, Andrea Santoni y installe en 1975 son atelier de création, qui en l’espace d’une génération devient une référence mondiale employant plus de 450 artisans. Le secret de cette réussite ? La persévérance d’un père, enraciné dans les traditions d’une région, la détermination d’un fils à perpétuer son héritage et bien sûr, la complicité mutuelle de deux amoureux de la chaussure. Une Santoni se reconnaît à trois choses : la qualité exceptionnelle de son cuir, les coutures entièrement réalisées à la main et son caractère fièrement italien. De la peau tannée de vache anglaise au cuir de cheval américain, en passant par des peaux exotiques comme le crocodile, l’iguane ou même l’anguille, la gamme de cuirs fins est pléthorique. Chaque soulier est sublimé par la patine inimitable de la maison : les couches successives de teinture sont lentement appliquées à la main en suivant le grain de la peau selon une technique célèbre et complexe : « l’Anticatura ». Résultat : des chaussures uniques, sans faille. « Seule une chaussure parfaite peut porter le nom de Santoni » résume Andrea Santoni. Quant à Giuseppe, il a voyagé à travers le monde pour orchestrer le développement international de la marque : Japon, Chine, Europe du Nord ou encore Russie sont autant de marchés clés qu’il a ouverts avec succès. Devenu CEO en 1990, il a initié des partenariats qui ont permis d’étendre le territoire de la marque : avec Mercedes pour des chaussures chic et modernes, ou encore avec l’horloger Suisse IWC, pour qui Santoni a fabriqué des bracelets de montre en cuir… Décidément, Santoni gravit une à une les Marches du succès.

Hervé Rodriguez, Chef-propriétaire, Masa - Prix Lalique 2014

CUISINE D’AUTEUR
Porté par les produits du jour, ce chef livre une performance au quotidien pour une cuisine percutante et gourmande.
MaSa… Comme « Manipulateur de Saveurs ». C’est le nom qu’Hervé Rodriguez, chef cuisinier, a choisi de donner à son restaurant gastronomique. Formé chez Lameloise, il devient propriétaire de La Mère Bourgeoise pour huit ans entre 1998 et 2006. Après un premier essai à Paris en 2011, le chef trouve un an plus tard le lieu idéal pour MaSa à Boulogne : la salle, prolongée par une terrasse et un jardin à l’anglaise, offre une mise en scène idéale aux plats qui défilent. Le chef orchestre la valse des saveurs à la baguette. Cette danse rondement menée lui vaut l’honneur en 2013 d’obtenir une étoile au guide Michelin à peine huit mois après l’ouverture de MaSA. La cuisine d’Hervé Rodriguez est une performance ininterrompue : chaque semaine est un nouveau défi puisque le chef compose et imagine ses plats en fonction de ce que ses fournisseurs lui apportent. Cette cuisine de l’instinct est aussi une cuisine de l’inspiration car il choisit quotidiennement de mettre en scène des produits rares dans plusieurs créations baptisées « Les Introuvables ». Citons le Dry aged beaf ou boeuf de Bavière, une viande d’exception que la cuisine millimétrée d’Hervé Rodriguez relève par une sauce soubise au satay. La signature du chef, c’est bel et bien la prise de risque et la surprise : pour un dessert, le chef nous invite à manger des légumes, que ce soit un panais, une aubergine ou encore un persil tubéreux. Il propose ainsi de déguster un sorbet salsifis-piment d’Espelette, réalisé à partir du petit lait blanc et sucré qui s’écoule du salsifis quand celui-ci est tranché. Graphiques, colorées et percutantes, les assiettes de cet alchimiste du goût n’en sont que plus gourmandes.

Akrame Benallal, Chef, Restaurant Akrame - Empreinte de l'année 2014

CUISINE DE L’INSTANT
Bouillonnant d’idées, il cuisine en peintre des saveurs.
Dans le panorama des tables parisiennes de prestige, celle du chef étoilé Akrame Benallal n’a pas manqué de séduire les plus fins gourmets. Au menu, point de carte, seulement des propositions faites chaque jour en fonction des produits et de l’humeur du chef : telle est la feuille de route tracée par ce jeune talent de la gastronomie française. C’est ainsi qu’il réinterprète le pigeon de Mesquer en l’accompagnant de tuiles au café noir torréfié et de dattes. Un amuse-bouche ? Il le compose avec un méli-mélo d’arômes de cacahuètes, d’oeufs de saumon sur feuille de Trévise, d’olive noire et d’anguille surmontant une gaufrette à l’encre de seiche. Cuisine de l’instant mais aussi de l’émotion : voilà ce qui pourrait décrire l’identité culinaire des assiettes signées Akrame Benallal. Si Gault et Millau l’ont sacré « Grand de demain » en 2011, ce n’est pas pour rien : la justesse de ses formules, l’équilibre de ses goûts, la tonalité de ses saveurs ont conduit ce jeune chef à recevoir deux étoiles au guide Michelin en l’espace de deux ans. En 2012, c’est l’Atelier Vivanda, « temple de la viande » qui ouvre ses portes à Paris et propose une multitude de joyeusetés carnassières. Dans la foulée, le concept du restaurant « Akrame » se décline à Hong-Kong. Rien n’arrête ce chef ambitieux et dynamique puisqu’il a tout récemment ouvert Brut, un bar à fromage où l’on déguste saveurs du terroir et vins d’exception. La cuisine d’Akrame Benallal est à son image : créative, jeune et bouillonnante d’idées.

Carole Forestier-Kasapi, créateur de mécanismes horlogers - Prix Spécial du Jury 2014 - ex-æquo

LE TEMPS COMME OEUVRE D’ART
Elle réinvente les codes de l’horlogerie en sublimant la technique.
« Et en plus, vous êtes Parisienne ! », lui a un jour asséné un fournisseur. Carole Forestier-Kasapi fait pourtant indéniablement partie du sérail horloger suisse : fille d’horloger, elle a étudié à La-Chaux-de-Fonds, avant de rejoindre le célèbre bureau de conception suisse Renaud & Papi, puis Audemars Piguet, et enfin Richemont en 1999. Principalement attachée au développement de la Collection Privée Cartier Paris, elle s’occupe également de certaines lignes de Panerai ou Piaget. En 2006, elle est promue responsable de la création et du développement horloger chez Cartier, avec pour défi de développer en interne des mouvements horlogers. Sous son impulsion, la marque se hisse aux premiers rangs de la création horlogère, avec 29 mouvements réalisés. Mais Carole Forestier-Kasapi apporte surtout sa sensibilité particulière dans le monde masculin et conservateur de l’horlogerie suisse. Elle transcende ainsi le dualisme séculaire de l’esthétique et de la technique, en réinventant le tourbillon. Ce mécanisme gyroscopique permettant de contre-balancer les effets négatifs de la gravité sur la montre se retrouve dans la Rotonde Astrotourbillon entre le cadran et les aiguilles, tournant autour du même axe, et non plus intégré au mouvement de la montre comme c’est l’usage. La prouesse technique est ainsi mise en scène à la manière d’une oeuvre d’art. Mais celle qui a reçu en 2012 le prix du meilleur horloger concepteur travaille déjà aux modèles qui seront lancés en 2019, avec l’ambition de continuer à réinventer les codes de la haute horlogerie.

Sylvain Orebi, Président-directeur général, Kusmi Tea - Prix Spécial du Jury 2014 - ex-æquo

(S)TSAR DU THÉ
Sous son impulsion, la belle endormie du thé s’est réveillée avec fantaisie.
Au royaume du tea time, Sylvain Orebi, président de Kusmi Tea règne en maître. Après de belles années passées dans le négoce du café et du cacao, il rachète en 2003 Kousmichoff, une marque russe vieille de 150 ans qui était jadis le fournisseur officiel de la cour des Tsars, et il fait le pari de réveiller la belle endormie. Sous son impulsion, la marque passe en moins de dix ans de 1à 39 millions d’euros de chiffre d’affaires tandis qu’une trentaine de boutiques ont fleuri en France et six à l’étranger, à New-York ou Milan. Son secret ? Un travail minutieux sur les produits et sur l’image de la marque. Sylvain Orebi a ainsi revu les cinquante mélanges de thés pour leur donner une nouvelle jeunesse, tout en conservant les noms emblématiques tels que Anastasia et Prince Wladimir. Quant au marketing, il se veut décalé, plus coloré et plus trendy que jamais, en rompant avec les codes sages du thé haut de gamme. Pour Sylvain Orebi, c’est toute l’âme du produit qui est en jeu. 2012 est une consécration puisque Kusmi Tea s’offre le luxe d’un espace de 250 m² sur les Champs Elysées. Aussi bouillonnant et brûlant que son thé, Sylvain Orebi lance en 2010 la marque Løv Organic et rachète l’année suivante la marque de cookies Laura Todd. Grâce à Sylvain Orebi, Kusmi Tea rayonne en 2014 comme au temps révolu des Tsars.

Alain Dutournier, cuisinier restaurateur, Le Carré des Feuillants - Talent d'Or 2014 - ex-æquo

CUEILLEUR DE GOÛTS VRAIS
Entre ses mains expertes, la cuisine du Sud-Ouest se renouvelle avec légèreté et sans concessions.
Pour Alain Dutournier, la cuisine est une évidence mais aussi une exigence. L’évidence : un Sud-Ouest enchanteur et ses produits uniques. L’exigence : une technique qui s’efface derrière les produits. Il passe son CAP Cuisine et Restaurant à Toulouse, commence à travailler en Allemagne et en Suède, puis cuisine pour le chef de corps des « marsouins » à Toulon. En 1973, il se lance avec 20 000 francs d’économies et une hypothèque de l’auberge familiale : il ouvre son propre restaurant à Paris. Quatre ans suffisent pour qu’il remporte une première étoile au Michelin, puis une seconde en 1982. En 1986, il ouvre le Carré des Feuillants à Paris, à proximité de la place Vendôme, sur le site d’un ancien couvent. Ses expérimentations culinaires sont encensées par les guides les plus prestigieux dont le Bottin Gourmand qui lui attribue 4 étoiles. Bon, original, jamais prétentieux, la cuisine landaise acquiert avec Alain Dutournier ses lettres de noblesse et une insoutenable légèreté. Homard et amandes fraîches, sardines et fromage blanc, ou encore boeuf et huîtres, les trouvailles d’Alain Dutournier surprennent et ravissent les papilles. Il ouvre en 2003 à Paris le Pinxo, devenu depuis le Mangetout, où il décline le concept de bistrot gastronomique. Entre finesse et générosité, la cuisine d’Alain Dutournier est un bonheur de tous les instants.

Pascale Mussard, directrice artistique Petit H (Hermès) - Talent d'Or 2014 - ex-æquo

OBJETS POÉTIQUES NON IDENTIFIÉS
Grâce à elle, les matériaux inutilisés se transforment en trouvailles, pour un résultat aussi éthique qu’esthétique.
Des cartes postales en soie, des tabourets en peau de crocodile à l’allure de pirogues, des bracelets en cuir : voilà les inventions que Pascale Mussard propose au sein du nouveau département d’Hermès, « Petit h », qu’elle a fondé en 2010 et dont elle est depuis la Directrice Artistique. Issue de la sixième génération de la famille Dumas, Pascale Mussard a rejoint la maison en 1978 en tant que responsable des achats de tissus au prêt-à-porter féminin. Elle fait aujourd’hui le pari de ce projet alternatif qu’est « Petit h ». Le défi ? Déployer des trésors d’innovation pour sublimer chutes de soie ou de cuir et autres laissés-pourcompte des ateliers de la maison, et les faire resplendir sous un nouveau jour. Ses ateliers proposent des objets d’exception, en séries limitées et baptisés « OPNI » ou Objets Poétiques Non Identifiés. La pendule signée Mathieu Bassée nous émerveille par ses aiguilles en cuir, son cadran ponctué de cadenas et sa ludique housse d’emballage en toile chevrons. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Au fond, ce que Pascale Mussard a introduit chez Hermès, c’est le concept innovant et responsable de l’upcycling. Installé au cœur du 24 faubourg Saint-Honoré, « Petit h » a déjà conquis les filiales japonaises d’Hermès. Inscrite au coeur du grand H d’Hermès, cette nouvelle marque est une idée majuscule.
THE JURY
The Jury of the Luxury and Creation Talent Awards is comprised of approximately fifteen key figures, representatives of excellence in their field at the international level, who are renowned for their expertise. It’s a multi-disciplinary committee.

Jacques Carles, président du Centre du luxe et de la création
Évoquer ici les réformes de la PAC (Politique Agricole Commune) ou du service National, ou encore la lutte contre la grande sécheresse au Niger auxquelles a largement contribué Jacques Carles serait restrictif tant les actions concrètes de cet homme inclassable se sont multipliées. Diplômé de l’ESSEC, journaliste, major du concours de la Commission européenne, ancien directeur de la stratégie et de la gestion de Framatome, inventeur du Samu social avec Xavier Emmanuelli… la liste des compétences, de ses expériences et de ses réussites est longue. Il officie en tant que consultant en réflexion stratégique, prospective et lobbying depuis 1992. En 2001, il fonde le Sommet du luxe et de la création, grande Rencontre annuelle dont la vocation est de décloisonner les métiers du luxe, pour remettre la création et l’invention au cœur du dispositif. En 2002, il crée les Talents du luxe et de la création, puis vient le Cercle du luxe. En 2008, naît le Centre du luxe et de la création qui anime l’ensemble de ses activités tout en constituant un pôle d’excellence en matière d’analyse stratégique, de prospective et de conseil.

Jean-Marc Wiederrecht, horloger, président d'agenhor

A travers sa société Agenhor créée en 1996, l’horloger Jean-Marc Wiederrecht met son imagination au service de la beauté et de l’émotion, notamment pour la collection « Complications poétiques » de Van Cleef & Arpels. Il imagine ainsi la montre « le Pont des amoureux » qui allie charme et équation romantique du temps : les aiguilles du cadran bleu nuit sont incarnées par un homme dont le parapluie indique les minutes, et une femme dont l’ombrelle indique l’heure. Ils sont séparés par le temps qui passe mais finissent par se rejoindre amoureusement à minuit et à midi. Derrière la poésie, une prouesse technologique qui fait l’admiration des hommes de l’art. Cette alliance de la technologie et de l’esthétique est la marque de fabrique de Jean-Marc Wiederrecht. Horloger concepteur, il est passionné par le geste juste, précis. Dès 1988, il s’était ainsi fait connaître en participant à la conception du premier module de calendrier perpétuel bi-rétrograde pour Harry Winston. Plus récemment mais toujours pour la marque de joaillerie américaine, L’Opus 9 que Jean-Marc Wiederrecht a signé en 2009 fascine par la pureté de ses lignes à laquelle répond une mécanique privée de tout artifice. Limitée à cent exemplaires, la montre sans aiguilles est composée de diamants montés sur une chaîne couplée au calibre mécanique à remontage automatique. Des grenats mandarins, orange vif, coulissent le long de la chaîne pour indiquer les heures et les minutes. C’est l’acte même de lire l’heure qui se trouve ainsi réinventé avec grâce.

Laurie Matheson, experte en vins
D’origine 100% écossaise, née en France, Laurie Matheson débute sa carrière dans le secteur du vin à Paris en 1984. Elle est spécialisée depuis 1991 dans l’expertise de vins et spiritueux dans les ventes aux enchères et collabore actuellement avec la maison Artcurial, première maison française de ventes aux enchères. En tandem avec Luc Dabadie elle y est coresponsable du département vins fins et spiritueux. Laurie Matheson mène en parallèle une activité de conseil qui va de la valorisation de caves pour les assurances, aux conseils dans la réalisation de projets marketing ou commerciaux. Elle a participé récemment à la création de l’application numérique Spirit Hunters, avec le studio Baylaucq, une application donnant des conseils de dégustation et permettant d’acheter en ligne. L’experte participe régulièrement à des panels et comités de dégustation, comme la Revue du Vin de France, le Concours des vins bios, 60 millions de consommateurs, notamment. Elle écrit fréquemment des articles pour la presse spécialisée et a co-écrit quatre ouvrages ludiques et didactiques sur le vin avec l’auteur de livres de cuisine Nicole Seeman. Laurie Matheson est membre du Collège des découvreurs de Talents pour les Talents du luxe et de la création.

Vincent Grégoire, directeur du département Art de vivre, Nelly Rodi
Architecte d’intérieur et designer de formation, diplômé de l’Ecole Camondo, Vincent Grégoire a assuré de nombreuses créations de scénographies ou encore des réalisations d’accessoires pour des créateurs de mode, ainsi que des visuels publicitaires. Directeur artistique et concepteur des produits exclusifs de la décoratrice Agnès Comar, il rejoint l’agence de tendances Nelly Rodi en 1991. Il est à l’origine du développement du Département Art de Vivre de la célèbre Agence. Chasseur de tendances, il est animé par le désir de faire partager son expertise, ses découvertes et ses analyses. Il conçoit son travail, à la croisée de la mode, du design et de la sociologie, comme une courroie de transmission entre le marketing, la création et la communication. Consultant en stratégie et en prospective, Vincent Grégoire agit autant pour rassurer les marques qui ont besoin de comprendre le marché, la concurrence et le consommateur, que pour les aider dans leur communication. Il intervient pour de nombreux médias, tant sous la forme de citation et d’interviews (radio, livres, télévision, magazines) que d’écriture (presse grand public, pages actualités et tendances), et devient chroniqueur pour Canal + en 2003-2004. Chaque année il crée l’événement avec l’une des animations expériences du salon Maison & Objet.

Alberto Cavalli, directeur général, fondazione Cologni dei Mestieri d'Arte
Après des études en sciences politiques internationales, Alberto Cavalli entame sa carrière, en Italie, comme attaché de presse et assistant de production pour Leti B Studio – Image et Relations publiques, une agence de relations publiques spécialisée dans l’événementiel de mode. Une coopération qui l’amènera à travailler, entre autres, avec Thierry Mugler, Christian Lacroix, Robert Clergerie. En 2001, il rejoint le département Presse et Relations publiques de Dolce & Gabbana, qui lui confie jusqu’en 2008 le soin de gérer l’image du groupe et de coordonner la communication avec les médias et les interlocuteurs institutionnels d’une vingtaine de pays européens et asiatiques. En parallèle, il écrit de manière régulière pour le magazine italien Alba – Nuova e Nostra depuis 1994, ainsi que pour le Marie Claire italien. En 2007, il devient le correspondant « Art de vivre & Luxe » pour Vedomosti, équivalent russe du Financial Times. A la suite d’une coopération en tant que consultant pour la Fondation Cologni des Métiers d’Arts, il en devient le directeur en 2008, et s’investit pleinement dans la mission de promotion des arts et de l’artisanat d’art que la Fondation entend défendre. En 2009, il publie avec Paolo Colombo le livre Métiers d’art et Made in Italy. Des contextes culturels à redécouvrir. Depuis 2011, il est chercheur à l’Université catholique de Milan.

Jean-Claude Cathalan, président, Comité Montaigne

Jean-Claude Cathalan commence sa carrière professionnelle dans l’industrie pharmaceutique chez Roussel-Uclaf, où il travaillera successivement au Mexique, en Argentine et au Brésil. La disparition de Jean-Claude Roussel entraîne le rapprochement de Roussel-Uclaf avec le Groupe Hoechst et conduit Jean-Claude Cathalan à prendre la direction Générale puis la Présidence du Directoire de Nobel-Bozel. C’est dans les années 80 que Jean-Claude Cathalan va quitter le secteur des produits industriels pour s’orienter vers l’activité des produits de luxe qu’il ne va plus quitter. Président du Groupe Revillon, leader du marché de la fourrure en particulier aux Etats-Unis, il rachète la marque Karl Lagerfeld qui sera développée dans le monde entier. Il prend également le contrôle des Parfums Caron qui viennent compléter la gamme des Parfums Revillon et les produits de soins Ingrid Millet. De 1993 à 1999, Jean-Claude Cathalan prend la Direction de la Maison de Couture Jean-Louis Scherrer, juste après le départ de son créateur, et développe la marque, notamment au Japon. Depuis 1993, Jean-Claude Cathalan est Président du Comité Montaigne, une Association qui regroupe 65 Maisons de produits de luxe de l’Avenue Montaigne et de la Rue François 1er à Paris, et parmi lesquelles figurent les noms les plus prestigieux de l’industrie du luxe en particulier de l’univers de la mode.

Aline Asmar d'Amman, CEO, Culture in Architecture
Aline Asmar d’Amman est née au Liban. Elle sort major de sa promotion à l’Académie Libanaise des Beaux-Arts et remporte en 1998 le prix du Ministère de la Culture et celui de l’Ordre des Architectes et des Ingénieurs de Beyrouth. En 2011, Aline d’Amman fonde Culture in Architecture à Beyrouth et à Paris, où l’architecture intérieure, le design de mobilier et la direction artistique sont pratiqués d’une manière holistique. Au sein de son agence, Aline Asmar d’Amman poursuit des projets aux typologies diverses allant de résidences privées à l’hôtellerie de luxe, le design de mobilier et la scénographie, tout en jetant des ponts entre les cultures du monde. Parmi les réalisations récentes et en cours, la direction artistique de la rénovation de l’Hôtel de Crillon, la décoration de ses salons historiques et de leurs suites exceptionnelles, une collaboration avec Karl Lagerfeld sur les ‘Grands Appartements’ qu’il a décorés, la scénographie du terminal d’arrivée de l’aéroport du Bahreïn, la création de mobilier d’art et l’architecture intérieure de résidences privées en Europe et au Moyen-Orient.

Raymond Massaro, bottier
Bottier à Paris depuis 1947, président-directeur général de la maison Massaro depuis 1967, président de la Chambre syndicale nationale des bottiers, Raymond Massaro est maître d’art et appartient à une dynastie qui habille le pied des stars et de la jet-set depuis 1894, de la comtesse Bismarck à Paloma Picasso, en passant par Elizabeth Taylor, Coco Chanel ou Romy Schneider… Maître d’art depuis 1994, Raymond Massaro fournit les maisons les plus prestigieuses de la mode et de la haute couture, comme Chanel, Karl Lagerfeld, Thierry Mugler. En 1997, l’atelier Massaro rejoint le label Paraffection, qui regroupe toutes les maisons d’artisanat de luxe travaillant sur les collections de Chanel, comme le chapelier Michel, le bijoutier Goosens, ou le brodeur Lesage. Retraité depuis 2008, Raymond Massaro est à présent membre du Conseil des métiers d’arts auprès du Ministre de la culture et de la communication, destiné à assurer la sauvegarde des savoir-faire exceptionnels et leur valorisation culturelle.

Corentin Quideau, président, Corentin Quideau Consulting
Corentin Quideau, fondateur de CQC Consulting, est dans le monde de la joaillerie depuis plus de trente ans. Diplômé de droit et de linguistique générale, il rentre chez Cartier en 1980 et y restera quasiment vingt ans. Il a été l’un des fondateurs de Cartier Joaillerie International en 1988, contribuant ainsi à remodeler le business model de la joaillerie adopté par tous depuis (collections thématiques ; diversification et segmentation des gammes ; extension du domaine précieux à l’horlogerie ; intégration de toutes les fonctions du marketing à la distribution au sein de mêmes business units ; reconnaissance du patrimoine historique des marques). En 1999, Corentin Quideau quitte Cartier, pour fonder CQC. Il travaille pendant 4 ans principalement avec le groupe Bulgari. Se définissant comme un « thérapeute de marque » il conçoit et construit des stratégies pour accompagner les marques joaillières telles que Boucheron, Gucci, Messika, Star Diamond et plus récemment Muzo. Il est aussi consultant stratégique pour des institutionnels dans le domaine de la joaillerie, comme la BJOP à Paris ou la CAFA à Pékin.

Julie El Ghouzzi, directeur du Centre du luxe et de la création
Titulaire d’un MBA d’administration des entreprises de l’IAE de Paris et diplômée d’un DEA de philosophie et d’une maîtrise d’histoire de l’art (Sorbonne et Université de Bologne), Julie El Ghouzzi dirige le Centre du luxe et de la création depuis 2007. Elle a débuté sa carrière en tant que rédactrice et consultante indépendante et a collaboré avec des cabinets de prospective et de conseil. Sa connaissance profonde des mécanismes de l’ensemble de la filière fait d’elle une spécialiste de l’analyse, de la structuration/restructuration de Business models du luxe. Elle conçoit et construit des stratégies pour accompagner les marques et les créateurs depuis quinze ans. Elle intervient régulièrement auprès de publics executive et entrepreneurs sur les thématiques stratégiques du luxe, avec une vision très opérationnelle. Femme de réseaux, elle anime le Cercle du luxe, les Talents du luxe et le Sommet du luxe en ayant à cœur de créer des liens utiles entre les acteurs du luxe et de la création.

Donald Potard
Donald Potard a présidé pendant plus de 20 ans la Maison Jean-Paul Gaultier. Il a contribué au succès des parfums, à la création de la Maison de Haute-Couture, l’alliance avec la Maison Hermès, et au développement d’un réseau de boutiques designées par Philippe Starck. Il a également dirigé la Chambre syndicale du Prêt-à-porter, des couturiers et des créateurs. Il intègre en 2005, le groupe britannique Marchpole pour lequel il assure les fonctions de CEO Europe et de directeur général de la Maison Jean-Charles de Castelbajac. Donald Potard fonde Agent de luxe en 2006 : il bâtit l’agence comme une véritable clé d’accès aux codes du luxe. A chaque étape de la vie de l’entreprise, il met en avant l’audace et la créativité pour accroître l’image des marques et optimiser leur réussite commerciale. C’est ainsi qu’Agent de Luxe conseille par exemple les 3 Suisses depuis 8 saisons, ou conduit Elie Saab à aménager un yacht… Donald Potard est également conseiller de la Fashion week d’Istanbul, et fait partie de la Commission nationale des Entreprises du Patrimoine vivant. Il est en charge depuis 2012 de la direction des études de mode à l’Université Paris College of Art.

Michel Guten, Président, Institut Supérieur de Marketing du luxe
Michel Guten démarre sa carrière chez Silver Match, dont il devient le Président Directeur Général en 1977. Puis, il intègre la Maison Cartier, de laquelle il gravit tour à tour tous les échelons. Chargé de construire le réseau de boutiques de 1981 à 1987, Michel Guten deviendra Directeur Général pour la France de Cartier puis Directeur International, et enfin Vice Président. Il demeure membre du conseil de surveillance de Cartier. En 1990, c’est donc presque naturellement que Cartier le sollicite pour prendre les rênes de l’Institut Supérieur de Marketing du Luxe. Michel Guten devient alors Vice Président puis Président de « Sup de Luxe », une formation conçue comme un troisième cycle de spécialisation pour jeunes cadres. « Cette structure à part est née d’un constat : plutôt que de former les gens dans l’entreprise, mieux vaut adapter la formation initiale aux spécificités du monde du luxe », explique-t-il. Fort de ce succès il lancera également « Sup de Goût » et « Sup Retail », cette dernière formation étant consacrée à la formation des vendeurs. En parallèle, il assume de hautes responsabilités : chez Piaget France, au Comité Montaigne ou encore à la tête de Lancel. Il est également vice-président du Comité des Champs Elysées depuis 2004.

Alexandra d'Arnoux, Rédactrice en chef, essensualliving.com
En vingt ans, Alexandra d’Arnoux s’est imposée comme une référence dans les secteurs du design, de la décoration, de la culture et du luxe. Chassant les tendances, toujours à la découverte de nouveaux talents, elle est animée d’une vision stratégique et économique de ces domaines en constante évolution. En 2000, elle assure le lancement du AD France, un concept novateur qui s’impose en 4 ans comme prescripteur de tendances. Forte de ce succès, elle relève en 2004 le défi de Maison Française (Groupe Express-Roularta) au poste de Directrice de la Rédaction apportant au magazine un renouveau dans le style et le ton éditorial. En 2009, elle crée sa propre société de conseil pour guider à l’international les acteurs du secteur (architectes d’intérieur, décorateurs, bureaux d’études et de tendances, éditeurs de meubles,…) qui souhaitent diversifier leurs offres et asseoir leur notoriété. Très intéressée par la dimension économique du design et de la décoration, elle a été journaliste à la Tribune. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Maisons de Famille. Bords de Mer (1997), ou Paris, un Art de Vivre (2010). Elle conseille aujourd’hui plusieurs personnalités de l’architecture d’intérieur, de la décoration et du jardin parmi lesquelles Pierre Yovanovitch et Louis Benech.



